C'est pas mon idée !

lundi 18 mai 2020

Donc Samsung aussi veut sa carte bancaire

Samsung Pay
Cinq ans après le lancement de sa solution de paiement via mobile, Samsung continue inlassablement à copier les initiatives de ses deux principaux concurrents, Apple et Google. Le constructeur vient donc d'annoncer l'arrivée prochaine, aux États-Unis, de sa propre carte bancaire, adossée à un compte courant élémentaire.

La communication officielle est avare de détails mais il suffit de savoir que la nouvelle offre est développée en collaboration avec la jeune pousse de la FinTech SoFi pour se faire une idée assez précise de son contenu. Rien d'extraordinaire à attendre car, a priori, aux côtés d'une application mobile de pilotage aux fonctions plutôt classiques, la carte de débit proposera pour seule véritable originalité de récompenser le porteur sur ses achats auprès de commerces partenaires (comme c'est déjà le cas avec Samsung Pay).

Encore une fois, on peut donc s'interroger sur ce qui motive l'entreprise à s'aventurer plus avant dans un secteur où ses premiers pas n'ont guère déclenché un raz-de-marée d'adoption. En comparaison des efforts similaires de Google (eux-mêmes relativement peu convaincants) et d'Apple, l'argument habituel de fidélisation des clients de la marque est ici difficile à retenir sérieusement : il faudrait pour cela que sa proposition de valeur se distingue plus nettement dans un marché encombré de néo-banques.

The Next Innovation for Samsung Pay

En dépit de ses assertions, Samsung montre combien l'innovation lui est totalement étrangère, que ce soit en insistant sur ses prouesses techniques vouées à l'oubli (s'obstiner en 2020 à mettre en exergue l'émulation de la piste magnétique sur son porte-monnaie mobile paraît légèrement ridicule) ou en cherchant à attirer les consommateurs vers ses nouveautés uniquement par des promotions. Au bout du compte, le groupe coréen donne l'impression de n'avoir aucune stratégie, jusque dans le « plagiat ».

Une telle déliquescence n'a finalement rien de surprenant. Elle ne constitue qu'une manifestation supplémentaire de l'écart abysmal qui sépare deux générations radicalement différentes d'acteurs, même quand ils opèrent tous dans le domaine technologique. Alors qu'ils croient pouvoir affronter les institutions financières sur leur terrain, les géants industriels, héritiers du passé, incurablement focalisés sur leurs produits et leurs spécifications, s'attaquent en réalité aux GAFA et leurs avatars, résolument obsédés par l'expérience utilisateur. Ce combat est perdu d'avance.

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