C'est pas mon idée !

samedi 25 avril 2020

Une carte Google ? La belle affaire…

Google
Depuis la publication par TechCrunch des images exclusives de la (supposée) future carte de paiement Google, le monde entier s'emballe pour ce qui constituerait une réponse au succès de l'Apple Card. En réalité, les deux produits n'ont presque rien en commun et les stratégies des deux entreprises restent radicalement différentes.

Rappelons tout d'abord que la rumeur ne date pas d'hier : dès novembre dernier, le Wall Street Journal évoquait l'hypothèse de lancement d'un compte bancaire par le géant du web et le directeur général de Citi confirmait peu après l'existence d'un tel projet. Il n'y a donc guère matière à s'étonner que la future offre s'accompagne d'une carte de débit physique, composante incontournable d'une offre complète, dans la mesure où l'acceptation des instruments virtuels (notamment via mobile) n'est pas généralisée.

Ce choix de maintenir un support en plastique est, d'ailleurs, la seule véritable similitude entre les approches de Google et Apple. Pour le comprendre, explorons leurs motivations respectives. Du côté du premier, l'objectif le plus vraisemblable est de s'inviter dans un nouveau domaine dans lequel l'exploitation de données est susceptible de créer un modèle économique florissant. Attention, il ne s'agit pas, comme l'évoquent beaucoup d'observateurs, de constituer une source d'information supplémentaire.

Ce que semble esquisser la future Google Bank ressemble plutôt à une plate-forme de gestion de finances personnelles, étroitement intégrée avec un vrai socle bancaire pour plus d'efficacité et de réactivité. Le principe consisterait alors à fournir aux utilisateurs une vision extrêmement riche, en temps réel, de leur argent. Sur cette base, par l'analyse de leur comportement, serait développé un dispositif de conseil automatisé, support idéal de distribution de services tiers, comme l'est la publicité sur un moteur de recherche.

Carte Google ?

À l'opposé, pour l'enseigne à la pomme, l'ambition qui guide toute ses aventures dans l'univers financier est de soutenir ses activités historiques, en particulier la vente de ses produits. Ainsi, Apple Pay est conçu dans le seul but de simplifier les transactions et de rendre son iPhone ou sa montre intelligente indispensable dans la poche de ses clients (avec la même logique de commission sur les opérations intermédiées que sur son AppStore), tandis que sa carte de crédit est principalement destinée à proposer un moyen de financement – optimisé – des achats d'appareils de la marque.

Contrairement à ce que persiste à croire beaucoup de monde, les GAFA n'ont aucune velléité de prendre pied dans le secteur financier. Chacune des initiatives de l'un d'entre eux est exclusivement guidée par le désir de contribuer à ses métiers d'origine, généralement en étendant leur portée, d'une manière ou d'une autre. Selon cette perspective, l'idée d'une concurrence entre eux, sur ce terrain, est une pure illusion. En revanche, toutes leurs avancées sont portées par l'identification de faiblesses ou de lacunes chez les acteurs traditionnels… qui sont, finalement, les plus menacés.

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