C'est pas mon idée !

dimanche 19 septembre 2021

ASA dévoile une plate-forme tout-en-un

ASA
Ma préférence parmi les démonstrations aperçues (de loin) à la conférence FinovateFall de cette année va à ASA, qui cherche à mettre le concept de plate-forme à la portée des banques. Elle est aussi représentative de la génération montante de la FinTech, de plus en plus réduite à un univers d'éditeurs de logiciels plus ou moins spécialisés.

Tandis que les promesses de la finance ouverte commencent lentement à se concrétiser, à travers des approches ponctuelles et tactiques, la vision à long terme qu'elle porte d'un accès unifié, simplifié, personnalisé et sans frictions à une gamme diversifiée de services reste toujours aussi lointaine. Portant l'ambition de catalyser cette opportunité, ASA propose donc un socle technique prêt à l'emploi qui devrait permettre aux acteurs de l'écosystème de déployer cette plate-forme rêvée avec un minimum d'efforts.

Il est vrai que l'exercice paraît extrêmement complexe, ce qui justifie certainement quelques hésitations à se lancer. Or la jeune pousse aplanit effectivement les difficultés. D'abord, sa solution a vocation à s'intégrer directement avec le système cœur des institutions, sans les inconvénients d'une couche d'interfaces intermédiaire (qu'il faudrait créer). Dans ce but, elle conclut des partenariats avec les fournisseurs spécialisés (Jack Henry est le premier), de manière à proposer une installation presque « plug & play ».

A l'autre bout de la chaîne de valeur, elle invite également les entreprises de la FinTech à s'installer sur sa place de marché, moyennant une adaptation à ses normes d'interopérabilité. En guise d'argumentaire commercial, elle vante l'exposition automatique et immédiate de leurs produits auprès de toutes les banques utilisatrices de sa plate-forme, qui peuvent de la sorte très rapidement, sans complication, les mettre à la disposition d'une vaste clientèle existante et démultiplier leur audience.

ASA – Collaborative Banking

Entre les deux, ASA prend en charge, en toute transparence, les détails de la « plomberie ». Il s'agit notamment de l'accès aux données : sous le contrôle étroit de l'établissement et avec l'accord systématique de l'individu concerné, les informations nécessaires à la souscription ou l'usage transparent d'un service tiers – quelles qu'elles soient : identité, historique de transactions, moyens de paiement, échéancier de crédit… – lui sont transmises directement, en évitant des re-saisies fastidieuses.

Pour une catégorie d'acteurs audacieux, l'adoption d'ASA représentera peut-être le moyen de prendre pied dans la banque de demain en pionniers. Pour d'autres, probablement l'immense majorité, surtout parmi les plus importants, qui ne parviennent pas à appréhender les enjeux de plate-forme et qui, en tout état de cause, rechignent toujours à recourir à un prestataire externe, la startup devrait au moins servir d'inspiration, en démontrant les possibilités réelles qui se dessinent à travers ce genre de démarches.

Il me reste à conclure sur un regret. À une époque (récente), les principes de la FinTech auraient voulu qu'ASA propose sa solution aux consommateurs, en devenant elle-même opératrice de sa plate-forme. Aujourd'hui, la voie privilégiée consiste à développer un logiciel et tenter de le vendre aux institutions historiques… ainsi qu'aux autres nouveaux entrants désireux de séduire ces dernières. La stratégie est certes moins risquée, mais ses lenteurs inhérentes vont porter un sérieux coup au dynamisme de l'innovation.

samedi 18 septembre 2021

Priorité à l'éducation à la banque digitale

Nationwide
Entre la réduction massive de la densité des réseaux et la persistance des réticences à se rendre en agence en raison de la pandémie, l'accès à la banque par ses applications web et mobiles devient de plus en plus incontournable. Dans cette perspective, Nationwide redouble d'efforts afin d'éduquer les britanniques qui y sont encore réticents.

Aux côtés des sessions « Tea and Tech » organisées régulièrement dans ses points de vente (et par visioconférence), l'établissement annonce ainsi le déploiement d'un camion spécialisé. À son bord, sillonnant les routes du Royaume-Uni, une équipe de professionnels aguerris, armée de tablettes connectées, offrira aux résidents des villes étapes de son périple une assistance pratique à l'utilisation des services « digitaux » et, plus largement, répondra à toutes les questions qu'ils se posent sur leur argent.

Le « Community Support Van » est ouvert à tous les consommateurs, qu'ils soient clients ou non, sans rendez-vous. Ils bénéficieront de démonstrations afin de se familiariser avec les fonctions disponibles en ligne ou, par exemple, mieux comprendre les risques de fraude associés. Ils pourront également se faire accompagner plus concrètement sur des besoins spécifiques et, le cas échéant, obtenir des recommandations en matière de produits. Dans une démarche légèrement incohérente, ils auront même la possibilité de prendre un rendez-vous avec un conseiller dans l'agence la plus proche.

Nationwide Community Support Van

Dans le monde moderne, il devient essentiel de maîtriser les outils numériques et ceux de la banque font certainement partie des plus importants pour la vie quotidienne. Les initiatives pédagogiques à destination des populations exclues de cette tendance constituent donc un impératif incontournable. Celle de Nationwide est particulièrement digne d'intérêt par son format itinérant, qui lui permettra potentiellement de toucher une audience large, notamment dans des zones où sa mission est la plus urgente.

En revanche, elle paraît sous-dimensionnée, avec son unique véhicule chargé de couvrir l'ensemble du territoire, et induit le soupçon d'une simple opération de communication. Celui-ci est en outre renforcé par les multiples tentatives de l'industrie britannique de minimiser les impacts de la désertification bancaire engagée depuis plusieurs années, tout en justifiant cette politique par une transition des interactions vers les services à distance. Il serait regrettable qu'un enjeu critique et pressant d'inclusion financière se trouve réduit à un épisode anecdotique au sein d'une vaste campagne marketing…

vendredi 17 septembre 2021

La crise fait passer la pilule du bureau flexible

BBVA
Au fil des mois, la crise sanitaire a suscité un grand nombre de projets, souvent innovants, au service des consommateurs, des entreprises… et des salariés. En parallèle, elle offre également un prétexte à des transformations dans l'organisation du travail, dont les « victimes » préféreraient certainement qu'elles n'aient jamais vu le jour.

Sur le plan positif, il restera bien sûr la généralisation du télétravail : abordé, jusqu'en 2019, avec une extrême méfiance autant par les employeurs que par les collaborateurs et les syndicats, son déploiement forcé par les événements à permis à (presque) tous de se rassurer et d'en apprécier les bénéfices, même si la normalisation qui s'opère actuellement tend vers une approche hybride (un consensus semble se dégager autour de deux jours par semaine) parfois perçue comme un peu trop restrictive.

Son corollaire quasiment automatique, en revanche, représente un versant nettement plus sombre. Le concept de bureau flexible est ainsi en train de s'imposer plus ou moins discrètement dans les grands groupes, à l'instar de BBVA, en Espagne. Justifié par la nécessité de gérer la distanciation sociale dans des espaces ouverts trop denses en période de pandémie, il masque difficilement la stratégie sous-jacente de rationalisation de l'occupation des locaux professionnels, aux seules fins d'économies substantielles.

BBVA – Hot Desking

Le mouvement consacre, par contrecoup, le modèle des grands plateaux aux positions de travail banalisées, désormais attribuées indistinctement aux employés en fonction des disponibilités lors de leur arrivée le matin (ou, comme dans le cas de BBVA, sur réservation depuis une application dédiée), un casier autorisant le stockage des affaires personnelles entre deux visites. Naturellement, l'objectif de ces aménagements n'a jamais été dissimulé : il s'agit exclusivement de réduire les surfaces immobilières.

Depuis quelques années, pourtant, les études se multiplient qui soulignent les lourds inconvénients de ces dispositifs, entre, notamment, leur impact sur le bien-être des individus, avec ses conséquences directes, mesurables, sur la productivité, et la baisse de qualité qu'ils engendrent sur la qualité des interactions. Je soupçonne d'ailleurs que le récent succès du travail à domicile soit en partie dû à la lassitude (voire l'épuisement) ressentie vis-à-vis de ces environnements concentrés, sans intimité, sans répit.

Une majorité d'entreprises restent donc définitivement sourdes à ces arguments, jusqu'à franchir aujourd'hui une sorte de point de non retour. Car, quand la situation se stabilisera et que tous les postes pourront à nouveau être utilisés sans risques de contagion, une opération de réduction massive des surfaces de bureau sera certainement engagée, ne laissant que le minimum nécessaire pour chaque personne présente environ la moitié du temps. Et l'efficacité des collaborateurs continuera à s'effondrer…

jeudi 16 septembre 2021

ABN AMRO innove sur la gestion d'abonnement

ABN AMRO
Comme d'autres banques avant elle, ABN AMRO offre à ses clients, depuis 2020, un aperçu de leurs abonnements en tous genres, élaboré automatiquement à partir d'une analyse de leurs dépenses récurrentes. Initialement conçue pour faciliter l'identification des services redondants ou inutiles, l'option trouve aujourd'hui un autre usage.

Il s'agit, en l'occurrence, de faciliter les démarches de ses proches lors du décès d'une personne. En effet, il n'est rien de plus frustrant, dans ces circonstances déjà pénibles, que de rechercher toutes les souscriptions actives du défunt, afin de les résilier ou, le cas échéant, de les transférer (par exemple à un conjoint survivant, pour le contrat d'électricité de la résidence commune). Les traitements manuels mis en œuvre jusqu'à maintenant par l'équipe de support dédiée au sein d'ABN AMRO étaient longs et inefficaces.

Désormais, grâce à la solution de la jeune pousse danoise Subaio mise en œuvre précédemment, une liste exhaustive des engagements en cours sur les comptes de l'individu décédé peut être dressée et transmise en quelques instants, sans requérir le moindre effort. C'est à la fois une charge administrative en moins pour les employés de l'établissement et un gain de temps précieux pour la famille, qui, en outre, ne pense pas toujours (ou, en tous cas, pas immédiatement) à ces petites tracasseries irritantes.

Subaio + ABN AMRO

L'idée peut sembler triviale mais, quand on considère tous les contrats concernés – les services de la vie courante, naturellement, depuis les fournitures essentielles jusqu'aux plates-formes de jeu ou de vidéo à la demande, mais également les remboursements d'emprunts, les assurances, les taxes et impôts…, chaque néerlandais en détiendrait 11, en moyenne, selon ABN AMRO –, le bénéfice de la solution prend un relief particulier, surtout si une assistance à la gestion de ces mandats est proposée en complément.

Ce cas d'utilisation des données financières à des fins d'automatisation de tâches rébarbatives est inspirant, bien au-delà de son sujet précis, autant pour les institutions financières que pour des acteurs spécialisés qui pourraient s'appuyer sur l'« open banking » afin d'en décliner le principe. Même sur un périmètre aussi étroit, en apparence, que les paiements récurrents, de nombreuses opportunités restent à exploiter. Le responsable de l'innovation chez ABN AMRO en a quelques-unes en tête pour l'avenir…

mercredi 15 septembre 2021

Bridge pousse le paiement par virement

Bridge
Présent de longue date sur le front de l'initiation de paiement à la mode DSP2, prolongement naturel de son activité historique d'agrégation de comptes, Bridge dévoile ces jours-ci une nouvelle solution, destinée à en faciliter l'adoption et l'usage, qui anticipe le futur standard européen de « requête de paiement » (« request to pay »).

Par essence, le principe de Pay by Link repose sur l'émission d'un virement, aux normes de l'« open banking ». Le débiteur reçoit un lien – via un courriel, un SMS, un QR-code… – qui le dirige sur une page personnalisée récapitulant les éléments de l'opération. Ensuite, il sélectionne sa banque parmi celles qui lui sont proposées et se connecte sur l'application correspondante, ouverte automatiquement. Il ne reste plus qu'à confirmer la transaction, en passant par la séquence d'authentification forte de rigueur.

Plus qu'un substitut hypothétique aux règlements par carte, difficilement envisageable à court ou moyen terme tellement ils sont ancrés profondément dans les mœurs de la population, le système s'adressera en priorité aux créanciers – commerçants, prestataires de services, centres de recouvrement… – qui sont aujourd'hui plus familiers des chèques ou des virements (classiques), notamment quand les montants qu'ils traitent généralement tendent à dépasser les limitations appliquées aux autres instruments.

Les avantages qu'ils y trouveront sont multiples, à commencer par sa sécurité supérieure, son irrévocabilité et, donc, ses plafonds très élevés. Comme toujours avec un socle basé sur les virements, la promesse d'un faible coût constituera en outre un argument puissant, tandis que la simplicité d'intégration dans n'importe quel contexte, en quelques lignes de code prêtes à l'emploi, réduit fortement les frictions de mise en œuvre. Enfin, sur le plan administratif, les caractéristiques figées de la transaction soumise à validation, réduisent les risques d'erreur et accroissent la fiabilité des réconciliations comptables.

Bridge – Pay by Link

Qu'en est-il du côté du payeur ? Soyons clairs : l'expérience utilisateur n'est pas parfaite (mais peut-elle vraiment l'être ?) par rapport à la référence définie par la carte. Certes, il n'est plus nécessaire de saisir les informations de cette dernière (qui, de toutes manières, sont de plus en plus fréquemment pré-remplies par le navigateur ou par le téléphone), mais, en contrepartie, les étapes successives de sélection de la banque, d'ouverture de session et de validation par authentification forte restent relativement fastidieuses.

Bien sûr, le raisonnement peut s'inverser quand la comparaison porte sur le chèque ou le virement. Cependant, Pay by Link et tous les dispositifs similaires soulèvent une question déterminante, jusqu'à maintenant escamotée mais qu'il faudra bien aborder à brève échéance : une partie non négligeable de leurs parcours client leur échappe et passe sous la responsabilité des banques (et de leurs plates-formes en ligne et mobiles), introduisant de la sorte des variations sensibles dans la qualité de l'expérience.

Quand j'observe les différences entre les processus de connexion (identifiants abscons et codes secrets ne sont pas partout remplacés par la biométrie, surtout sur le web) et les méthodes d'authentification (pensons aux solutions distinctes selon les opérations réalisées) des établissements français, les entreprises adeptes de ces moyens de paiement risquent de perdre des pans entiers de leur clientèle ou, a minima, de recevoir des plaintes dont elles ne maîtriseront pas la diversité des cas qu'elles représentent.

En la matière, la balle est dans le camp des institutions financières. Elles ont d'énormes progrès à accomplir afin de mieux concilier la fluidité des usages avec les exigences de sécurité de leur métier (et de la réglementation). L'arrivée des nouveaux modes de règlement recourant à leurs services web et mobiles, dont elles aimeraient être aussi les porteuses, jusqu'à les rêver prendre l'ascendant sur les grands réseaux américains, ne va qu'accentuer un enjeu qui devrait déjà être stratégique depuis longtemps.

mardi 14 septembre 2021

Priorités pour le bien-être financier des français

Forrester
Dans un récent billet de blog, Aurélie L'Hostis, spécialiste du sujet pour Forrester, présente la répartition de la population française sur les 4 grands segments du bien-être financier définis par le cabinet. Examinons comment cette analyse peut aider les banques et autres startups de la FinTech à déterminer leurs priorités en la matière.

Rappelons en préambule que, si le concept de santé financière relève essentiellement de la capacité d'une personne à faire face, objectivement, à ses obligations, le bien-être, quant à lui, fait référence également à sa perception de sa situation et plus particulièrement sa confiance en son avenir et la réalisation de ses projets à court ou long terme. Dans ces conditions, la catégorisation proposée par Forrester combine une dimension d'équilibre budgétaire avec un axe allant de la sérénité à l'inquiétude.

Parmi les 4 cadrans de cette distribution simplifiée, les consommateurs français se distinguent, surtout avec la crise sanitaire, en se classant majoritairement (à 34%) dans celui des « aspirants à la sécurité », préoccupés par l'argent bien qu'ils ne vivent pas au mois le mois. Ils sont suivis (à 27%) par les « épargnants protégés », aisés et apaisés. Ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts comprennent des « dilapidateurs insouciants » (27%) et les « acheteurs écartelés » (17%), angoissés par leur précarité.

Sur la base de ces observations, les banques cherchant à se distancier de leur approche historique de distributeur de produits et toutes les entreprises désireuses d'adopter une perspective véritablement centrée sur les besoins de leurs clients ont les éléments nécessaires à l'élaboration d'une stratégie pertinente et efficace. Il faudra cependant admettre rapidement que celle-ci s'appuiera principalement sur un rôle d'assistance à la gestion de finances personnelles et moins sur la création et la vente de solutions.

Le bien-être financier des français

Certes, les individus disposant d'une certaine visibilité sur leurs dépenses au quotidien requièrent des instruments répondant à leurs attentes, par exemple d'investissement pour les plus soucieux ou de crédit pour les plus tranquilles aux ambitions importantes. Mais ce qui leur manque le plus est l'accompagnement de proximité ad hoc : l'assurance-vie, l'épargne retraite, le crédit immobilier… soulèvent toujours des interrogations, des hésitations, des anxiétés… qu'il est indispensable de soulager, en amont.

Pour les ménages, qu'ils soient indifférents ou stressés, connaissant des difficultés immédiates – celles-ci sont faciles à identifier : faculté à assumer les achats essentiels et impossibilité d'épargner –, la seule riposte envisageable passe par une aide pratique et contextuelle à la maîtrise budgétaire. Soulignons ici que seuls les inquiets (donc 17% de l'ensemble) sont susceptibles de se satisfaire des outils de PFM passifs offerts par la plupart des banques, grâce auxquels ils peuvent se rassurer en surveillant leurs comptes.

En résumé, les institutions financières de l'hexagone ont un immense chantier devant elles. Après avoir pris conscience de l'impératif de se refocaliser sur leurs clients, elles doivent maintenant intégrer que leur métier est le conseil et que celui-ci n'a de valeur que s'il est ajusté au cas par cas. L'objectif est alors de comprendre à qui on s'adresse et d'apporter à chacun un service adapté : un détecteur d'excès pour le dilapidateur, un devin pour le dépensier écartelé, un auxiliaire d'épargne pour l'aspirant à la sécurité…

lundi 13 septembre 2021

Qonto propose des cartes éphémères

Qonto
L'idée est relativement ancienne et une incarnation parmi les plus récentes et les plus abouties est due à U.S. Bank, en réponse au boom du télétravail créé par la crise sanitaire. Mais elle reste confidentielle et son appropriation aujourd'hui par Qonto, sous le nom de « carte Flash », constitue une de ses premières apparitions dans l'hexagone.

De quoi s'agit-il ? Le concept consiste à autoriser le responsable de l'entreprise à émettre des cartes de paiement éphémères, directement rattachées à son compte principal, à l'intention de ses collaborateurs. À la différence de leurs équivalentes standards, celles-ci sont assorties d'un plafond et d'une échéance choisis librement. L'objectif est de remplacer les opérations réalisées avec des moyens personnels et les notes de frais associées par un instrument facile d'accès, aisé à contrôler et simplifiant la gestion.

Les cas d'utilisation sont aussi nombreux que les occasions de dépenses professionnelles : une fourniture à acheter d'urgence dans la boutique au coin de la rue, une place de train à réserver en ligne, un voyage d'affaires, un événement à organiser…, il suffit de spécifier le prix exact ou le budget alloué (qui peut même être ajusté a posteriori, si nécessaire), de limiter la validité à une journée, à une période précise (par exemple la durée d'un déplacement) ou à plus long terme pour des besoins récurrents.

La carte Flash, créée en quelques clics via l'application de Qonto et dispensée instantanément, reste totalement virtuelle, sans possibilité d'une déclinaison matérielle, en plastique. Elle sera, naturellement, acceptée par tous les sites d'e-commerce mais elle est également intégrable aux porte-monnaie mobiles d'Apple et de Google, ce qui la rend de la sorte adaptée aux achats dans la plupart des boutiques physiques (pourvu qu'elles soient équipées de terminaux sans contact, désormais presque universels).

Qonto – Carte Flash

Les avantages sont multiples. Pour le salarié, le plus important sera d'éviter les avances de fonds et les tracasseries administratives engendrées par les remboursements. Du point de vue de l'organisation, la réduction de ces dernières constituent aussi un argument puissant mais la faculté de maîtriser par anticipation les dépenses engagées représente une aubaine, à laquelle s'ajoute en outre le surcroît de sécurité, pour son compte bancaire, du recours à une carte bridée, qui l'expose à un risque circonscrit.

Avec cette initiative, Qonto démontre une nouvelle fois son attachement profond à la résolution des désagréments quotidiens des entreprises qu'elle sert. Là où ses concurrentes se contentent au mieux d'offrir des solutions (de type e-CB) conçues pour les consommateurs, elle ajoute les petits plus qui font la différence (usage en ligne et physique, suivi nominatif des supports émis, pour une meilleure traçabilité…). Voilà ce qui distingue un établissement vraiment centré sur ses clients et attentif à leurs attentes.

dimanche 12 septembre 2021

Les prochains défis de l'IA selon Gartner

Gartner
L'intelligence artificielle s'infiltre partout dans les entreprises (et dans notre quotidien) et son développement se poursuit à un rythme effréné. Dans le « hype cycle » dédié que lui consacre le cabinet Gartner, de nombreuses innovations sont promises à la maturité en quelques années. Quatre tendances majeures se dégagent à court terme.

Avant de plonger dans le cœur du sujet, il est intéressant de noter que, dans une large mesure, ces domaines prioritaires ne comprennent pas de grandes évolutions mais sont, au contraire, principalement orientés vers la consolidation. Leur objectif est avant tout de résoudre les lacunes et les déficiences, identifiées ou émergentes, des expérimentations et des projets actuels. Plus généralement, on peut estimer qu'il s'agit dorénavant de passer d'une phase de découverte à une ère véritablement industrielle.

Ainsi, le premier (et plus important) enjeu pour une adoption généralisée est de développer une IA responsable. Et il y a urgence : ce n'est pas un hasard si les régulateurs de différents pays commencent à se pencher sur la question. Naturellement, certains secteurs, dont la finance, sont plus particulièrement concernés. Il leur faut donc rapidement s'atteler à intégrer systématiquement et sérieusement les notions de confiance, de transparence, d'auditabilité, d'équité et d'éthique dans les initiatives.

La tâche est ardue car les solutions spécialisées ne suffiront pas à couvrir tous les besoins. L'étendue même de ces derniers est difficile à cerner et les textes en cours d'élaboration n'en donneront pas toutes les clés, surtout quand sont envisagés les risques induits sur la relation avec les clients. En outre, les complexités techniques, dont les biais intrinsèques aux données en entrée, ne doivent pas être négligées. Pour Gartner, un élément de réponse passe par une formation adaptée de tous les professionnels.

Gartner – Hype Cycle for Artificial Intelligence 2021

Un deuxième défi critique à relever touche à la faible proportion de projets qui aboutissent en production (la moitié, en moyenne) et la durée de ces cycles de déploiement (environ 9 mois). Des outils d'automatisation et d'orchestration, des plates-formes de gestion opérationnelle des modèles… offrent une assistance en la matière, par exemple en facilitant la réutilisation, mais il subsiste également une barrière interne à abattre, due essentiellement à une gouvernance et des processus approximatifs.

Les deux derniers aspects de l'IA à appréhender relèvent de l'efficacité, d'une part dans l'utilisation des ressources, dont il faudrait maximiser le potentiel sur une vaste gamme de problématiques (via des approches composites ou génératives, entre autres), et, en parallèle, par la déclinaison des pratiques sur des « small & wide data » (jeux de données restreints et sources diversifiées, capables de produire des résultats plus riches et contextualisés) et non plus uniquement sur les « big data » habituelles.

L'intelligence artificielle est dans une situation paradoxale dans beaucoup d'entreprises : elle est déjà présente dans tous les recoins de l'organisation, elle s'immisce dans tous les processus, elle s'invite dans tous les métiers… mais sa mise en œuvre reste très artisanale. Cette montée en puissance, pour conserver sa dynamique et éviter qu'elle ne s'épuise par dispersion, doit être accompagnée par une démarche structurée et coordonnée, à grande échelle. Vue l'ampleur du chantier, il faut le lancer maintenant…

samedi 11 septembre 2021

Le bac à sable devient un instrument politique

FCA
La première cohorte du bac à sable « digital » mis sur pied par le régulateur de la finance britannique et la cité de Londres en 2020 était réservée à des projets en lien avec la crise sanitaire. La deuxième est dédiée au développement durable. L'outil devient de la sorte un instrument d'orientation de l'innovation vers des priorités politiques.

Année après année, inlassablement, la FCA, pionnière des bacs à sable FinTech, cherche à améliorer ses dispositifs de soutien en vue d'accélérer et rendre plus viable et plus efficace l'innovation du secteur financier. Avec cette nouvelle itération, elle capitalise sur les enseignements tirés de ses plus de 5 ans d'expérience et les met aujourd'hui au service d'une de ses préoccupations les plus importantes du moment, à laquelle elle consacre simultanément un concours, ouvert aux concepts plus avancés.

La création de la « digital sandbox », l'année dernière, représentait une avancée majeure sur les initiatives précédentes (y compris dans d'autres régions du monde) en ajoutant au cadre réglementaire adapté qui constitue le socle standard de ce genre d'exercice une plate-forme technique fournissant aux participants un accès à des jeux de données, un environnement de développement, des services tiers (via API) et un espace collaboratif, qui leur procure les moyens de valider leurs idées en conditions (presque) réelles.

Le passage inaugural de 28 organisations (sur 94 candidates) dans ce bac à sable revisité permet d'en dresser [PDF] un bilan largement positif. De l'avis général, il a contribué significativement à la mise au point rapide de preuves de concept (PoC) et il répond à une attente très forte, exprimée notamment par les startups. Sans surprise, parmi les outils offerts, les jeux de données synthétiques sont particulièrement plébiscités, bien que susceptibles d'améliorations, entre autres en matière de granularité.

FCA + City of London – Digital Sandbox

Cependant, une réserve capitale formulée à l'encontre de la démarche concerne les thématiques soumises aux postulants, considérées trop vastes et trop vagues lors de la session de test. En restreignant le champ, la FCA estime qu'elle favorisera un engagement plus puissant et plus permanent, tout en facilitant la mise en place des données nécessaires, avec le niveau de détail requis, puisqu'elle porteront sur un périmètre circonscrit. Le sujet retenu cette fois reflète nettement ce recentrage étroit.

En effet, sous un intitulé générique évoquant la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), la prochaine promotion du bac à sable se focalisera sur des aspects spécifiques de ce domaine : la transparence des déclarations et rapports des sociétés (dont, surtout, leurs actifs et leurs chaînes d'approvisionnement), la validation automatique des données RSE (des obligations vertes et de leurs émetteurs) et l'éclairage des informations fournies aux consommateurs (pour leur meilleure compréhension).

Une évolution progressive de la stratégie du régulateur vis-à-vis de l'innovation dans le secteur financier – qu'elle émane de jeunes pousses ou des acteurs historiques, tous traités sur un pied d'égalité dans ses initiatives – émerge visiblement derrière cette transformation du bac à sable. Il n'est plus tellement question d'accompagner la créativité tous azimuts mais, de plus en plus, d'utiliser les moyens existants dans le but de stimuler les projets alignés avec des objectifs précis, décidés au plus haut niveau politique.

vendredi 10 septembre 2021

Banque ouverte, la voie indienne

Reserve Bank of India
Deux ans après l'entrée en vigueur de la deuxième directive européenne des services de paiement (DSP2), rares sont ceux qui prétendent encore que son approche a minima de l'ouverture des données bancaires a atteint ses objectifs. Celle qui se déploie actuellement en Inde pourrait donc servir d'inspiration pour une prochaine itération.

Outre les réticences des institutions financières, qui ont entraîné divers retards et dysfonctionnements, le principal facteur d'échec de notre réglementation a indiscutablement été son illusion d'engendrer une simplification des accès aux informations en exigeant uniquement l'ouverture des systèmes, sans spécifier les modes d'interaction en détail. Résultat, l'hétérogénéité des API publiées impose toujours le recours à des agrégateurs, avec leurs imperfections, et les progrès restent limités.

Afin d'éviter un destin similaire, les autorités indiennes ont choisi une toute autre démarche, reproduisant, dans une certaine mesure, celle qui a fait le succès de l'Unified Payment Initiative (UPI). Assise, de la même manière, sur une plate-forme centralisée que les grandes banques du pays sont fortement incitées (obligées ?) à rejoindre, c'est une sorte d'agrégateur officiel de données financières qu'instaure le régulateur, qui offre ainsi un point d'entrée unique et transparent aux entités qui souhaitent les exploiter.

Naturellement, tous les garde-fous indispensables sont présents. D'un côté, les fournisseurs seront, à terme, tous les acteurs du domaine financier (incluant jusqu'aux compagnies d'assurance, administrations, services fiscaux…), voire au-delà. De l'autre, les utilisateurs, qu'il s'agisse de robots-conseillers, d'établissements de crédit, d'éditeurs de PFM…, devront être dûment accrédités. Enfin, un module de consentement confie au seul consommateur le choix de partager ses informations et dans quelles conditions.

Reserve Bank of India – Account Aggregator

Une des principales ambitions qui ont conduit à l'élaboration de l'agrégateur indien relève de la démocratisation du crédit. De nombreux citoyens sont aujourd'hui écartés de toute possibilité de contracter un prêt alors qu'un aperçu de leur comportement avec l'argent, tel qu'il ressort des transactions enregistrées sur leurs comptes, suffirait à les qualifier. La transmission facilitée des éléments nécessaires dans ces circonstances, jusqu'à maintenant fastidieuse et inefficace, constitue un accélérateur d'inclusion.

Il faut ici souligner que le dispositif introduit également une optimisation brillante de l'expérience utilisateur. En effet, les connexions sont établies une seule fois, après quoi le consentement au transfert de données, pour toute entreprise qui en exprime le besoin ultérieurement, prend quelques secondes et deux ou trois clics, le temps de contrôler l'étendue de la demande et la durée de rétention envisagée. Voilà un excellent moyen de simplifier les manipulations et d'encourager l'adoption durable à grande échelle.

Pour conclure, il reste à préciser que l'injonction réglementaire initiale ne concerne que la création d'un statut d'agrégateur et que sa première implémentation concrète est, en réalité, un acte volontaire (conjoint) de la part des grandes banques du pays. Confrontée au risque d'émergence d'une génération d'intermédiaires, elles ont l'intelligence de prendre les devants et d'étouffer le danger dans l'œuf. Il est vrai que la latitude tarifaire laissée (explicitement) par les textes leur procure une motivation supplémentaire…

jeudi 9 septembre 2021

L'IA en attendant l'informatique quantique ?

BMO
Toutes les banques intervenant sur les marchés de capitaux aimeraient optimiser leurs algorithmes de valorisation des produits complexes. Beaucoup comptent sur les promesses hélas lointaines de l'informatique quantique dans ce but. La canadienne BMO a déployé une solution opérationnelle dès maintenant, à base d'intelligence artificielle.

Qu'il s'agisse d'en évaluer les risques, quand ils sont détenus en propre, ou de déterminer leur prix, quand ils sont commercialisés auprès d'entreprises désireuses de couvrir un aléas, l'analyse quantitative des instruments dérivés passe par le déroulement d'une série de scénarios et la mesure de leur impact sur les actifs sous-jacents. L'exercice est trivial dans son principe mais il se heurte à un obstacle majeur : la précision du résultat obtenu est directement proportionnelle à la durée de calcul, qui se compte souvent en heures.

Les établissements concernés sont donc réduits à recourir à des compromis, entre approximations rapides et contrôles approfondis mais longs, généralement réalisés la nuit, en espérant qu'une catastrophe ne surviendra pas entre temps. Mais BMO aurait donc trouvé l'arme magique pour contourner ce dilemme : grâce à la technologie de Riskfuel, une jeune pousse originaire de Toronto, qui accélèrerait les traitements d'un facteur d'un million, il est désormais possible d'exécuter les opérations requises en temps réel.

BMO + Riskfuel

Une telle prouesse, pour l'instant concrétisée uniquement dans le cadre d'un projet pilote (sur des billets remboursables par anticipation), s'appuie sur des capacités d'apprentissage automatique profond (« deep learning ») déployés sur des réseaux de neurones rapides. Ils permettent, selon toute vraisemblance, de restreindre le champ d'application des simulations effectuées aux hypothèses jugées les plus plausibles, afin de limiter les besoins de calcul sans compromettre la qualité finale.

Les bénéfices, considérables, que BMO désire tirer de cette collaboration, qui devrait donc se prolonger, relèvent à la fois de l'expérience client et de la simple efficacité industrielle. Sur le premier volet, un avantage concurrentiel important peut être tiré de la faculté à fixer un prix et, par conséquent, conclure une transaction instantanément. Sur le second plan, il est question de baisse drastique de la puissance de calcul nécessaire, qui représente un coût significatif… et une empreinte environnementale non négligeable.

Les modèles mathématiques mis en œuvre dans la banque d'investissement n'ont guère évolué depuis une quarantaine d'années et la seule perspective de rupture envisagée par la plupart des professionnels repose sur le surcroît de performance que l'informatique quantique devrait introduire dans le domaine… dans une dizaine d'années si tout va bien. D'ici là, il est aussi possible d'explorer d'autres opportunités, notamment par l'introduction d'un soupçon d'intelligence artificielle sur un problème légèrement reformulé.

mercredi 8 septembre 2021

Yolt, prochaine victime des coupes d'ING

ING
Avec ses ambitions d'origine, Yolt aurait pu (dû) être le moyen pour ING de réinventer la banque à l'ère « digitale ». Après des débuts prometteurs, suivis de quelques hésitations, les réorganisations et les changements de stratégie auront finalement raison de ses perspectives d'avenir : son application pour le grand public va être abandonnée.

En lançant, il y a 5 ans, la première version de son service au Royaume-Uni, où ING ne possédait pas d'activité de détail, Yolt esquissait alors l'hypothèse d'un autre modèle de banque, dont la mission consiste d'abord à fournir au consommateur une perspective à 360° de sa situation et des conseils personnalisés actionnables lui permettant d'atteindre ses objectifs et de réaliser ses rêves. Malgré ses limitations, notamment sur ce dernier volet, l'aventure avait conquis presque 1 million d'adeptes 3 ans plus tard.

Dans ces conditions, l'argument brandi pour justifier son arrêt – les projets ne parvenant pas à une taille critique en un temps raisonnable sont mis sur la sellette – paraît surprenant. Cependant, c'est surtout la démarche d'innovation déclinée sur Yolt qui, d'une manière générale, soulève énormément de questions. Certes, il est toujours admirable d'observer une organisation capable de mettre prématurément un terme à un projet qui court à l'échec. Encore faut-il que la décision procède de bonnes raisons.

En l'occurrence, la quasi absence d'évolutions significatives sur la solution depuis des mois, alors que tant reste à faire afin de satisfaire la promesse initiale, tient un peu du sabotage. En se contenant de quelques options d'optimisation de fournisseurs, Yolt n'a jamais franchi le pas de l'assistant financier universel qui aurait réellement assis son succès. Et, à force de retarder sa mise en œuvre, les utilisateurs se lassent et vont explorer les alternatives émergentes… dont certaines deviennent convaincantes.

Yolt – Unthink Money

En arrière-plan, il est impossible de ne pas imaginer que les récentes transformations organisationnelles d'ING jouent un rôle sur la sentence qui touche aujourd'hui Yolt. Le remplacement de l'équipe qui l'a conçue par des profils préoccupés surtout par les risques et les opérations est fatal à l'expérimentation de longue haleine. J'ai précédemment évoqué l'idée à l'occasion de l'interruption du programme de modernisation Maggie, elle s'exprime cette fois sur une tentative de disruption, naturellement difficile à appréhender.

L'exemple conduit plus profondément à s'interroger sur la capacité d'un grand groupe traditionnel à produire de l'innovation radicale. Outre qu'elle est souvent cannibale vis-à-vis de l'existant et donc perçue comme un danger à éliminer, celle-ci s'inscrit dans une durée longue, en requérant des efforts et des investissements constants. Comment des entreprises vivant au rythme des résultats trimestriels et des changements cycliques de dirigeants pourraient-elles faire preuve de la persévérance nécessaire ?

Avec Yolt, le défaut prend une dimension assez caricaturale, puisque le nouveau plan élaboré vise à focaliser l'attention sur son offre professionnelle d'API, capitalisant sur l'expertise d'agrégation de comptes acquise au fil des ans. Hélas, non seulement ce modèle n'a-t-il rien de révolutionnaire et ne pourra-t-il jamais rentabiliser les dépenses engendrées, mais, pire encore, il se positionne sur un marché désormais sévèrement encombré, où il ne dispose d'absolument aucun avantage spécifique à faire valoir.

mardi 7 septembre 2021

MOS, des aides étudiantes à la banque

MOS
Quand j'évoquais, il y a quelques jours, le service de recherche d'aides financières à l'intention des étudiants proposé par Wizbii, je m'attardais sur la relation possible avec la banque. Aux États-Unis, MOS, une jeune pousse née en 2017 sur une idée initiale similaire franchit aujourd'hui le pas et propose à ses utilisateurs d'ouvrir un compte courant.

À l'origine, sa mission consistait à recenser les programmes de bourse et autres subventions distribués par les universités américaines, de manière à bâtir une plate-forme sur laquelle les jeunes disposent de toutes les informations nécessaires au dépôt de leur dossier, en bénéficiant, le cas échéant, d'un accompagnement personnalisé. En 3 ans d'opérations, 400 000 demandeurs ont ainsi collecté chacun 16 000 dollars, en moyenne, de la manne des 160 milliards de financements alloués annuellement.

Désormais, les visiteurs du site de MOS sont d'abord invités à souscrire la nouvelle offre bancaire, comportant à ce stade le strict minimum, à savoir un compte de dépôt et une carte de débit (fournis par un établissement partenaire, Blue Ridge). Non seulement celle-ci est-elle entièrement gratuite (et sans contraintes, telles qu'un versement minimal) mais elle inclut également, sans aucun frais non plus, l'ensemble des fonctions d'exploration des subsides scolaires (alors qu'elles étaient précédemment facturées).

Le raisonnement sous-jacent envisage naturellement de gérer les flux d'argent générés par les étudiants, en commençant par capter les milliards de dollars d'aides que la startup contribue à récolter. L'espoir est de parvenir à développer un modèle économique viable reposant exclusivement, dans un premier temps, sur les commissions d'interchange perçues sur les paiements par carte. Comme toujours, le principe paraît optimiste mais, en l'occurrence, au vu des volumes considérés, il n'est peut-être pas si utopique.

MOS - Banking for Students

Sur sa lancée, MOS imagine ajouter progressivement des capacités bancaires supplémentaires à sa solution. Il pourra s'agir en priorité de produits utiles aux étudiants, dans le domaine du crédit ou de l'épargne, par exemple. Le catalogue sera ensuite susceptible de s'étendre à des préoccupations d'un âge plus mûr, dont les prêts hypothécaires ou l'investissement, qui lui permettront de maintenir sa pertinence au-delà de la période de formation. Indissociable de ces outils, son ambition est aussi d'apporter à la population ciblée l'éducation financière qui lui fait cruellement défaut.

À travers sa démarche, MOS illustre parfaitement l'extraordinaire opportunité que représente l'accompagnement à 360° des jeunes dans leurs problématiques d'argent, depuis l'accès aux aides jusqu'au pilotage budgétaire au quotidien, en passant par l'indispensable volet pédagogique. Quand les acteurs traditionnels (et certains nouveaux entrants) en sont encore à user de tactiques marketing archaïques, à base de primes de bienvenue et diverses récompenses, en vue de séduire leur clientèle lucrative de demain, d'autres inventent un modèle radicalement différent, mieux adapté à leurs attentes.

lundi 6 septembre 2021

BBVA bouge dans la banque privée

BBVA
Le lancement par une institution financière éminente d'une nouvelle plate-forme d'investissement 100% en ligne ne relève plus vraiment de l'innovation. Cependant, quand l'initiative émane d'une banque privée, elle mérite de s'y intéresser car elle reflète peut-être une réorientation stratégique majeure annonciatrice de bouleversements.

Le produit lui-même, d'abord. Conçu par BBVA Suisse et baptisé New Gen, il promet une souscription entièrement à distance en 15 minutes, avec contrôle d'identité en vidéo. Il met à la disposition de ses utilisateurs, via web et mobile, un accès à un grand nombre d'instruments élémentaires, actions et autres. Il ajoute ensuite à ce socle une série de fonds indiciels thématiques, notamment autour de l'environnement et des technologies d'avenir, afin de répondre aux attentes des consommateurs d'aujourd'hui.

Avec ses frais annuels de 300 francs suisses et des commissions minimales sur les transactions, les tarifs sont clairement serrés, même s'ils ne sont pas les plus bas du marché. Outre les fonds thématiques maison (qui bénéficient d'ailleurs de conditions avantageuses), l'application associée comprend également un volet d'accompagnement, avec des suggestions de valeurs correspondant à diverses catégories ou centres d'intérêt, par exemple la mobilité, la transformation numérique, le changement climatique…

Au fil de cette description, il ressort donc une solution relativement classique, évoquant le désir d'un établissement traditionnel de réaligner ses pratiques sur l'état de l'art contemporain, tel qu'il est dessiné désormais par les trublions du secteur. Seule véritable originalité, New Gen est le premier de sa famille à intégrer les cryptomonnaies dans son périmètre, en en autorisant l'achat et la vente, en assumant leur conservation et en les traitant comme d'autres actifs au sein des fonctions de suivi de portefeuille.

BBVA New Gen

Ce n'est pourtant pas là ce qui retient le plus mon attention. Il me semble en effet beaucoup plus important de m'attarder sur les raisons qui pousse BBVA Suisse, filiale de banque privée du groupe espagnol, à s'aventurer de la sorte sur le terrain des services au grand public (certes, le seuil d'apport à l'ouverture de compte est de 10 000 dollars, significativement supérieur à celui des offres comparables, mais sans aucune commune mesure avec les habitudes de la gestion de patrimoine, surtout helvète).

Précisons à ce stade que New Gen, qui décline ses capacités aussi bien en dollars et en euros qu'en francs suisses, s'adresse aux populations de l'ensemble de l'Europe ainsi que des pays d'Amérique latine où BBVA dispose d'une présence (Mexique, Colombie, Argentine, Chili, Pérou)… voire au-delà. L'idée sous-jacente devient donc transparente : il s'agit de drainer une clientèle renouvelée vers la banque privée, en essayant de convaincre prioritairement les fidèles des établissements « conventionnels » du groupe.

Voilà une exploitation rare de l'opportunité que représentent depuis leur émergence les outils d'investissement personnel et les robots-conseillers : ils constituent un point d'entrée naturel pour les particuliers possédant un peu d'épargne, qui, dans un certain nombre de cas, se développera au point de devenir un patrimoine éligible à une gestion de banque privée. Cette dernière a donc tout intérêt à capter ces futurs clients dès leurs premiers pas, elle n'en sera que plus susceptible de les conserver plus tard…

dimanche 5 septembre 2021

Un hackathon sur les API de paiement récurrent

VRP Hackathon
Pionnier de la banque ouverte, le Royaume-Uni entend conserver son avance, notamment en étendant progressivement son périmètre au-delà des quelques fonctions élémentaires prévues par la réglementation européenne (la fameuse DSP2). Les paiements récurrents variables (VRP) constituent une des prochaines étapes de sa feuille de route.

Ce n'est certes qu'un petit pas, qui nous laisse encore très loin de la vision ultime de la finance entièrement ouverte, mais le nouveau domaine visé n'en est pas moins important. En effet, tandis que les usages sont en forte croissance, entre autres en raison de l'hégémonie émergente de l'économie de services, les solutions disponibles, telles que les transactions programmées sur les cartes, échafaudées tactiquement avec les moyens du bord, comportent de nombreux défauts et limitations qui nuisent à leur efficacité.

La récente introduction des paiements récurrents variables parmi les standards « open banking » définis par les autorités britanniques est abordée comme une réponse organique à ce besoin latent. Cependant, fidèle à son habitude bienveillante, le régulateur tente d'abord d'encourager l'adoption de ses recommandations avant de se résoudre à les imposer par la force (de la loi). C'est donc dans cette logique qu'un groupe d'entreprises organise actuellement un hackathon dédié, destiné à concrétiser des applications utiles.

En pratique, l'objectif de la compétition consistera, pour les établissements de paiement, les banques, les développeurs individuels, les entreprises technologiques…, à imaginer comment mettre en œuvre ces futures API de VRP dans des scénarios concrets au bénéfice de l'industrie financière, des professionnels et des consommateurs, en préparation aux premiers déploiements de la spécification prévus dès cet automne par quelques acteurs, avant une généralisation envisagée dans le courant de 2022.

Accueil VRP Hackathon

Afin à la fois d'inspirer la créativité et d'embrasser une perspective étendue du sujet, les participants sont invités à exercer leur talent sur six catégories différentes, chacune étant récompensée indépendamment des autres : les règlements d'entreprises (y compris les impôts et taxes, naturellement périodiques), le commerce de détail (par exemple sur le paiement fractionné), les abonnements, les mouvements entre comptes distincts d'une même entité (société ou personne, pour les remboursements de prêts, les versements d'épargne…), les échanges entre pairs et les autres cas (dont l'internet des objets).

Dans quelques années, le principe d'ouverture sera devenu une évidence, rendant possible des expériences plus fluides et plus transparentes en même temps que le développement d'une gamme de produits et services inédits, dans les secteurs les plus divers. En attendant, et en considérant que la contrainte réglementaire ne suffira pas, il faut encore et toujours convaincre les institutions financières de l'intérêt, pour leurs clients et pour elles-mêmes, de s'engager dans cette direction. Rien de tel, pour ce faire, que de multiplier les opportunités d'expérimentation et de bouillonnement des idées…

samedi 4 septembre 2021

Tinkoff intègre Spotify dans sa super-app

Tinkoff
Dans une démarche qui se situe à mi-chemin entre la poursuite de sa stratégie de diversification et une simple opération marketing, la russe Tinkoff annonce ce mois-ci l'intégration de Spotify – a minima, toutefois – au sein du catalogue de sa super-app mobile, en complément de sa galerie de boutiques virtuelles et de sa messagerie sociale.

Dans son volet superficiel, la collaboration, qui est présentée comme une première du genre pour la plate-forme de musique en ligne, consiste essentiellement en une option de souscription à la version payante du service depuis les applications web et mobile de l'établissement, assortie d'avantages promotionnels, dont le plus significatif est le remboursement (sous une forme de « cash-back »), chaque mois, d'une partie du prix de l'abonnement (25% pour les clients d'une offre pro ou premium, 5% pour les autres).

Cependant, en arrière-plan, la démarche comporte également une dimension attractive pour la banque, dans la mesure où cette dernière prend en charge les versements (récurrents) des utilisateurs, depuis leur compte courant, en toute transparence et sans requérir la moindre intervention de leur part. La simplification de la gestion apportée de la sorte à ses clients représente simultanément un facteur d'adhérence supplémentaire (qui, incidemment et s'il était nécessaire, profite probablement aussi à Spotify).

Tinkoff + Spotify

L'initiative est naturellement alignée avec la stratégie d'expansion de Tinkoff hors de son secteur d'activité principal et sa tentative ambitieuse d'émulation des dragons chinois, avec leurs approches d'agrégation tentaculaires. De ce point de vue, elle souffre pourtant de ne pas être totalement aboutie : en ne proposant qu'un point d'entrée vers l'univers de son partenaire, sans embarquer la musique au cœur de l'expérience qu'elle délivre aux adeptes de sa solution, elle rate le coche et s'avère ainsi peu convaincante.

Il s'agit peut-être là d'un signe d'échec (au moins partiel) du modèle de la super-app portée par une banque. En effet, d'une part, les synergies dégagées avec les fournisseurs existants ne semblent pas tenir toutes leurs promesses et, d'autre part, la réserve qu'exprime implicitement Spotify par son investissement très limité tend à démontrer une faible capacité à séduire les participants potentiels. Le seul lien par les paiements ne suffirait donc pas à créer une plate-forme, comme je le soupçonne depuis longtemps…

vendredi 3 septembre 2021

Faudra-t-il regretter l'échec de Diem (ex-Libra) ?

Novi
Il y a quelques jours, David Marcus, initiateur et porteur du projet de monnaie virtuelle internationale Diem (anciennement Libra) pour le compte de Facebook, partageait ses regrets à la perspective probable de son échec en raison des réticences des régulateurs. Derrière quelques arguments sérieux, il tend pourtant à oublier l'essentiel.

Deux ans après l'annonce officielle de l'offensive, le texte de son responsable ressemble à une oraison funèbre. Les conditions de lancement ont été clairement posées dès le début et elles incluaient une validation réglementaire dans les pays concernés. Or les autorités ont, les unes après les autres, exprimé des doutes, voire déclaré leur opposition sans équivoque. La situation est telle que, aujourd'hui, le concept originel est donc prêt à être enterré, laissant derrière lui un porte-monnaie « digital » classique, Novi.

Dans une ultime tentative de défense et de justification de la démarche proposée, D. Marcus commence par souligner l'extravagant décalage existant, dans le monde entier, entre l'économie de plus en plus numérique, notamment après l'épisode de la pandémie, et les infrastructures de paiement datant d'une autre ère, avec leurs délais de transferts qui se comptent en jours, leurs frais d'opérations exorbitants et la fraction considérable de la population (1,7 milliards d'individus) totalement écartée du système bancaire.

Face à ces défauts, Diem représenterait une solution idéale, promettant à l'humanité d'abattre les barrières dans les mouvements de fonds, à travers les frontières, au service du bien commun. Au passage, se joue la corde du patriotisme, mettant en avant l'impératif pour les États-Unis de prendre un avantage déterminant dans un domaine stratégique, alors que le pays figure parmi les plus attardés et, surtout, que le plus en avance actuellement dans la course à l'innovation est son ennemie jurée, la Chine.

David Marcus – Good stablecoins

La promesse, qui, incidemment, rappelle celle des cryptomonnaies (de l'époque des idéalistes), peut paraître naïve, mais elle repose sur un constat incontestable et le principe de la réponse qui lui est apportée est théoriquement viable. Mais ce que ne veut pas vraiment entendre D. Marcus est la raison pour laquelle nombre de responsables ne souhaitent pas confier, même passivement, une telle ambition, à vocation de bien public, à Facebook… ou, plus exactement, à une entreprise ou un consortium privé.

Quel observateur crédule ne s'interrogerait pas immédiatement sur les bénéfices d'une position privilégiée dans les circuits monétaires de demain au regard du service offert aux consommateurs, en particulier de la part d'un acteur dont le cynisme fait déjà ses preuves sur son réseau social ? Et si c'est l'esprit pionnier typiquement américain qui s'exprime ici (il est brandi explicitement), d'autres pays ne partagent pas la même vision de l'entrepreneuriat et leur avis compte autant dans un dispositif transfrontalier.

Les états sont très longs à réagir aux changements sociétaux mais ils prennent désormais conscience des enjeux à relever, notamment dans l'univers des flux financiers. L'aiguillon des cryptomonnaies les a déjà incités à se pencher sur les besoins d'un modèle des paiements adapté au XXIème siècle, qui prend forme dans les « MDBC » (« Monnaies Digitales de Banque Centrale »). Ainsi échaudés, ils laisseront encore moins des opérateurs privés s'emparer de leurs missions régaliennes critiques.

jeudi 2 septembre 2021

La banque ouverte au service de la conformité

Flinks
Dans la jungle (mondiale) des agrégateurs de données bancaires, la canadienne Flinks fait un peu bande à part, en ayant, depuis son origine, choisi de proposer à ses clients une information enrichie, pour des besoins spécialisés. Aujourd'hui, elle décline son approche avec une solution dédiée à la conformité d'entreprises réglementées.

En l'occurrence, la cible adressée englobe tous les secteurs dans lesquels des restrictions ou, à tout le moins, des exigences de transparence s'appliquent aux collaborateurs – dans leur ensemble ou uniquement ceux exerçant une activité sensible, selon les cas – concernant leurs investissements. Outre, naturellement, le domaine financier, divers métiers juridiques, certains cabinets d'audit et de conseil, l'industrie pharmaceutique… figurent potentiellement parmi les sociétés soumises à des contraintes de ce genre.

Dans la plupart des organisations, les processus de collecte et de contrôle des informations sont largement manuels et reposent sur une analyse de justificatifs imprimés transmis par les employés. Afin de mettre un terme à ce gaspillage d'énergie et de ressources, totalement improductif mais absolument incontournable, voici donc Flinks for Compliance, qui permet d'accélérer et de rendre plus fiable les traitements à effectuer, de simplifier le parcours des déclarants et d'améliorer l'efficacité opérationnelle.

Flinks for compliance

En pratique, les collaborateurs sont invités à connecter leurs comptes d'investissement via la plate-forme d'agrégation de la jeune pousse. Les algorithmes de cette dernière analysent alors les transactions enregistrées et leur associent automatiquement les caractéristiques financières utiles, telles que le code de valeur. De son côté, le responsable de la conformité dispose d'un tableau de bord consolidé, prêt à l'emploi, sur lequel il peut facilement, grâce à un puissant moteur de recherche, vérifier qu'aucune infraction n'a été commise, par exemple par rapport à une liste des titres surveillés.

Cet exemple, presque trivial, d'utilisation des données bancaires ne changera évidemment pas la face du monde. Incidemment, il mériterait probablement d'être peaufiné, notamment de manière à assurer la confidentialité des informations transmises (ce qui ne relève pas d'une entorse aux règles devrait rester invisible). Cependant, il apporte une nouvelle démonstration des innombrables opportunités que recèle l'ouverture des systèmes et dont la surface n'a été, pour l'instant, qu'à peine effleurée.

mercredi 1 septembre 2021

Citizens crée un compte de dépôt vert

Citizens Bank
Face à la forte augmentation de la sensibilité du public aux enjeux environnementaux, les institutions financières s'efforcent de démontrer leur bonne conduite, même s'il ne s'agit souvent que de belles campagnes de communication. L'américaine Citizens, elle, choisit de proposer à ses clientes grandes entreprises les moyens de s'engager.

Et, pour une fois, c'est sur un produit basique que porte la démarche, à savoir le compte de dépôt. Avec la nouvelle offre Green Deposits, les trésoriers obtiennent l'assurance que les liquidités de leur organisation – tout en restant, comme il se doit sur ce type de support, disponibles, rémunérées et couvertes par l'assurance fédérale de la FDIC – servent exclusivement au financement de projets et autres initiatives soigneusement sélectionnés pour leurs qualités en matière de responsabilité sociétale.

En arrière-plan, la banque s'assure que la totalité des dépôts collectés sur ces comptes verts sont associés à des crédits (vers les énergies renouvelables, les forêts, l'eau…) correspondant à ses critères [PDF] d'éligibilité, conçus avec le spécialiste Sustainalytics, qui procède par ailleurs à un audit [PDF] indépendant de son portefeuille de prêts. Les éventuels excédents, évalués chaque jour, sont placés auprès de la réserve fédérale, garantissant de la sorte qu'aucun dollar n'est utilisé pour des projets non conformes.

Citizens Green Deposits

Une caractéristique amusante de l'approche mise en œuvre par Citizens est que, bien qu'elle soit ancrée dans le concret et la recherche d'impact direct, elle développe à l'intention des entreprises qu'elle cible un argumentaire essentiellement centré sur la visibilité et le marketing. Il est par exemple question des opportunités pour un groupe recourant aux Green Deposits d'afficher son action positive auprès de ses diverses parties prenantes (ses clients, ses fournisseurs, ses investisseurs, ses collaborateurs…).

D'une certaine manière, cette perspective un peu frivole reflète (hélas) la principale préoccupation des dirigeants de sociétés. En effet, le souci premier de beaucoup d'entre eux relève de l'image et non de l'empreinte de leur industrie sur la planète. À tout le moins, on pourra se réjouir que, grâce à la tactique adoptée par la banque, ceux qui se laisseront prendre aux appâts ainsi dressés contribueront à des programmes susceptibles de faire une vraie différence, que leur objectif initial soit superficiel ou non.

En conclusion, il reste tout de même à regretter que le compte vert ne soit commercialisé qu'auprès des grandes structures. Une déclinaison pour les particuliers serait pourtant extrêmement bienvenue et couperait l'herbe sous le pied des quelques néo-banques cherchant à se positionner sur le créneau, qui, malheureusement, disposent de moyens limités et n'ont donc qu'une portée réduite. Faut-il croire que le portefeuille de prêts éligibles est trop restreint pour une telle généralisation ? L'hypothèse serait triste…