C'est pas mon idée !

mardi 1 juin 2021

Le retour de la téléprésence… en 3D

Google
En 2006, Cisco dévoilait son premier système de téléprésence, une nouvelle approche de la collaboration à distance, immersive, beaucoup plus fluide, performante et efficace que les outils de visioconférence traditionnels. 15 ans plus tard, Google reprend le concept, un peu oublié depuis, et lui donne une (troisième) dimension extraordinaire.

Ceux qui ont eu l'occasion de tester ou d'utiliser le design d'origine, avant qu'il ne soit décliné dans des versions économiques largement moins convaincantes, se souviennent certainement comme moi d'une expérience incomparable. Dans une configuration de salle de réunion, les interactions donnaient l'illusion presque parfaite d'un groupe assemblé autour d'une même table, en dépit des milliers de kilomètres séparant ses deux moitiés, jusqu'à autoriser des apartés crédibles en marge des autres participants.

Vidéo de très haute définition, avec reproduction en grandeur nature, et son spatialisé, dans une installation millimétrée, rendait enfin possible de converser à travers les réseaux sans les défauts habituels (à l'époque encore plus marqués) de la visioconférence de base. Mais cette qualité avait un prix, d'abord en coûts directs (matériel et aménagement spécifique), mais également en exigence de débit des réseaux informatiques, en rigidité des configurations… qui a logiquement limité son potentiel de développement.

Le projet Starline s'inscrit directement dans cet héritage et les mêmes arguments justifient les mêmes prouesses, dont la capacité (impressionnante à l'usage) à établir un contact visuel avec son interlocuteur (pour se parler vraiment les yeux dans les yeux). Mais le géant du web lui ajoute maintenant une restitution en 3 dimensions (sans requérir de lunettes). L'image projetée devient alors tellement réelle que les utilisateurs oublient instantanément la technologie et se comportent comme dans un échange face à face.

Google – Project Starline

Pour l'instant il n'existe que quelques prototypes, construits sur mesure avec des composants de pointe (destinés notamment à prendre en charge la vision multidimensionnelle par ordinateur, la spatialisation du son, la compression des flux…), ainsi que l'écran 3D simulant profondeur et volume créé spécialement dans ce but, et déployés dans une poignée de sites Google, à San Francisco, Seattle et New York, où les collaborateurs ont servi de cobayes au fur et à mesure de leur mise au point.

Déjà, des démonstrations sont organisées pour des grandes entreprises potentiellement intéressées, par exemple dans les secteurs de la santé ou des médias, afin de recueillir leurs réactions et leurs impressions préliminaires, sur la plate-forme elle-même et sur ses applications. Google envisage des déploiements expérimentaux chez ses proches partenaires avant la fin de l'année. En parallèle, les recherches et les travaux se poursuivent, naturellement, pour rendre le produit plus accessible et plus abordable.

Car la clé du succès réside bien dans cet enjeu, comme l'a démontré Cisco précédemment. Il ne fait aucun doute que Starline dessine l'avenir de la communication à distance. Mais nul ne sait prédire quand ce dernier se matérialisera à grande échelle. Faudra-t-il encore une, deux, dix générations supplémentaires pour atteindre l'objectif de Google de démocratiser sa vision ? Ou quelques évolutions et une ou deux années d'efforts suffiront-ils à l'intégrer dans tous les micro-ordinateurs et smartphones ?

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