C'est pas mon idée !

mercredi 22 juillet 2020

Quand la génération SnapChat attaque la finance

Meemo
Quand deux anciens employés de Snap créent une application financière, leur vision du domaine promet d'être pour le moins rafraîchissante. Pourtant, surgit rapidement la question de savoir si les pratiques inspirées par les réseaux sociaux sont réellement adaptées à un sujet aussi sérieux et rébarbatif que la gestion de l'argent.

Le constat que dressent les fondateurs de Meemo, qui les a conduit à se lancer sur un marché plutôt encombré, ne se résume pas à la banalité de l'inadéquation des solutions existantes aux besoins des générations adeptes de SnapChat. Ils décrivent aussi, plus profondément, le hiatus persistant entre la perception émotionnelle de tout ce qui entoure l'argent dans l'esprit du consommateur et les approches froides, impersonnelles et passablement moralisatrices fréquemment rencontrées dans le secteur.

Leur réponse consiste à introduire une forme de plaisir dans la gestion financière du quotidien, à travers des mécanismes de récompenses (réelles ou virtuelles) et, sans surprise, une dimension sociale. D'un côté, relativement classique, l'utilisateur va donc retrouver des offres promotionnelles, attribuées spécifiquement en fonction de ses habitudes d'achats, établies par l'analyse de ses comptes, et des recommandations connexes (par exemple des bons plans correspondant à ses centres d'intérêt).

D'autre part, Meemo autorise l'envoi de bons cadeaux (idéalement financés par les enseignes concernées) à des amis, pour partager la découverte d'un restaurant ou les charmes d'une boutique favorite. Dans le registre du suivi de budget, l'application adopte un format original, composé notamment de notifications régulières destinées à souligner des particularités de comportement (entre autres via une comparaison des dépenses sur deux catégories) et qui peuvent elles aussi être envoyées à des proches.

Meemos

Ainsi présenté, le dispositif semble parfaitement aligné sur le cliché traditionnel de sa cible de « millenials », insouciante, voire frivole, et ne supportant aucune contrainte. Voilà certainement une excellente recette pour la conquête d'une clientèle… mais où est donc sa composante de gestion de finances personnelles ? Étant désormais acquis que la seule mise en exergue des usages passés n'aide guère à progresser, il est difficile d'imaginer qu'un simple habillage différent suffise à la rendre plus efficace.

En l'état, Meemo parviendra peut-être à séduire les jeunes mais ne remplacera pas les outils ennuyeux d'aujourd'hui. Car, si les prémisses de son raisonnement sont correctes, il lui reste tout de même à prouver qu'elle est capable de décliner son idée d'une expérience agréable et empathique quand elle aborde directement et concrètement la problématique du pilotage de l'argent et pas uniquement quand elle développe quelques fonctions ludiques et sociales autour d'une liste de dépenses.

En attendant une telle évolution, les pistes de réflexion que propose la startup ont l'incontestable mérite d'apporter une perspective nouvelle à l'univers du PFM, complémentaire aux modèles actuels, qui ne pourra que profiter au consommateur.

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