C'est pas mon idée !

mercredi 25 mars 2020

Épargne verrouillée, achat impulsif évité !

À ce stade, la solution de bien-être financier conçue par la jeune pousse irlandaise My Money Jar, qui vient tout de même de réaliser sa deuxième levée de fonds (de 700 000 euros, pour un total de 1,3 million), est plus une promesse qu'une réalité. Mais elle comporte au moins une caractéristique originale qui mérite de s'y arrêter.

La devise inscrite sur la page d'accueil de la startup, « les grandes choses ont l'habitude de commencer petites », s'applique tout autant à ses clients et à leur gestion de l'argent qu'à elle-même et à la manière dont elle envisage son évolution. Elle ne propose donc, pour le moment, qu'un compte prépayé, accompagné d'une carte (Mastercard) et d'une application mobile dont la principale fonction est de permettre à l'utilisateur de définir et administrer toutes sortes de cagnottes (« money jars », en anglais).

Comme dans beaucoup d'outils de ce genre, il n'est pas ici question d'épargne rémunérée et encore moins de portefeuille d'investissement, mais, tout simplement, de mettre quelques euros de côté régulièrement et les affecter à des projets spécifiques, à court (payer les factures du mois…) ou long terme (préparer les prochaines vacances, constituer un apport personnel pour un futur achat de résidence…). Il est même possible de créer des tirelires de groupe, ouvertes aux contributions de plusieurs personnes.

Or la plupart des implémentations existantes souffrent d'une limitation majeure : si la bonne résolution initiale flanche, rien n'empêche le propriétaire du compte de débloquer les fonds prématurément et de les dépenser de manière futile. Afin d'éviter ce risque, My Money Jar a mis en place un mécanisme de verrou (optionnel). Grâce à celui-ci, la cagnotte ne peut être libérée qu'à l'atteinte des objectifs fixés à l'origine (échéance et/ou montant) ou après validation par un proche désigné dans ce but de modération. Le raisonnement sous-jacent est que la friction induite freine les mauvais réflexes.


De toute évidence, le dispositif ne s'adresse pas à tout le monde (en fait, pour une majorité de personnes, l'isolation – virtuelle – de l'épargne suffit à maintenir la discipline nécessaire) mais, comme il a déjà été observé avec les systèmes anti-addiction, il peut s'avérer extrêmement utile pour lutter contre des comportements impulsifs. On regrettera cependant qu'il ne s'accompagne pas des automatismes qui font florès ces derniers temps (réserve d'une part fixe des revenus, des arrondis de dépenses, des disponibilités en fin de mois…) et qui amélioreraient sensiblement son efficacité.

En tout état de cause, My Money Jar n'en est qu'à ses premiers balbutiements. Les captures d'écran mettent ainsi en évidence une focalisation sur le suivi de la santé financière, à travers quelques indicateurs clés (évaluation des dépenses hebdomadaires, contrôle des achats d'impulsion, état des cagnottes……), dont une bonne partie ne peuvent exprimer leur potentiel que s'ils sont rattachés au compte principal du consommateur… ce qui paraît peu réaliste (à grande échelle) avec une carte prépayée.

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