C'est pas mon idée !

lundi 2 décembre 2019

Une banque privée pour les stars du web

220
En dépit de leurs tentatives de transformation et de modernisation, les banques privées de ce monde restent conçues pour une catégorie de population dans laquelle les jeunes qui font fortune en ligne du jour au lendemain ne se reconnaissent pas. Alors, parce qu'ils ont des besoins uniques, la britannique 220 leur prépare une offre exclusive.

Ce sont les stars de YouTube, dont les millions de spectateurs fidèles garantissent des revenus publicitaires conséquents, ce sont les professionnels des jeux vidéos, qui remportent des prix mirobolants dans des tournois toujours plus nombreux, ce sont les blogueurs (dont je ne fais pas partie), qui monétisent leur influence auprès de grandes marques… Ils ont généralement moins de 25 ans et certains d'entre eux deviennent millionnaires… mais ils n'ont jamais appris à gérer leur argent.

Ce ne devrait pas être une difficulté, puisque les banques privées sont justement là pour accompagner les individus au patrimoine confortable. Hélas, les établissements existants ne sont pas particulièrement accueillants pour cette génération digitale de « nouveaux riches » : outre leurs conditions d'accès parfois trop restrictives, ils sont habitués à une clientèle relativement âgée (à 60% composée de personnes de plus de 60 ans) et préfèrent vieillir avec elle plutôt que d'inventer un modèle pour ces extraterrestres.

Voilà pourquoi, loin du secteur encombré des néo-banques ciblant le marché de masse, les 3 fondateurs de 220, dont un directeur des opérations qui est lui-même joueur sur YouTube (où sa chaîne à une audience de plus d'un million d'internautes), ont décidé d'élaborer une offre parfaitement adaptée à une telle population. Première originalité, lors de son lancement, en avril 2020, elle sélectionnera ses clients sur des critères d'influence web, qui s'enrichiront ensuite d'un système de parrainage élitiste.

Accueil 220

Côté produits, le catalogue « financier » pourra paraître décevant. L'essentiel – compte courant et carte de paiement (en titane, certes) – est complété par un « robo-advisor », qui prendra en charge l'épargne et l'investissement, ainsi que, dans l'option haut de gamme, par la mise à disposition de conseillers – par vidéo (évidemment), toutes les procédures étant dématérialisées. En réalité, cette austérité ne devrait pas être un obstacle pour des clients qui, par essence, requièrent d'abord de l'assistance dans la gestion de leurs avoirs plutôt qu'une palette d'outils dont ils ne sauraient que faire.

Notons que la solution comporte également quelques services non financiers, dont certains vont dans le même sens pédagogique : une plate-forme comptable disponible avec les forfaits intégrants comptes personnel et professionnel et un tableau de bord unifié de suivi et d'analyse de l'activité sur les réseaux sociaux. Enfin, les avantages et promotions privilégiés, tout comme le service de conciergerie 24x7, représentent les accessoires incontournables d'une promesse d'expérience d'exception.

Jusqu'à maintenant, la banque privée était plutôt épargnée par la vague de nouveaux entrants qui déferle sur le secteur. Pourtant les opportunités sont extraordinaires, entre la difficulté des acteurs en place à réellement se transformer (en matière à la fois technologique et d'état d'esprit) et le potentiel considérable des segments de clientèle ignorés plus ou moins volontairement de la sorte. Et chaque niche dans ce domaine (220 évalue tout de même la sienne à 400 000 personnes en Europe) a de la valeur !

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