C'est pas mon idée !

samedi 3 novembre 2018

Quelle priorité pour la transformation digitale ?

Malakoff Médéric
Il y a quelques jours, le compte Twitter de Malakoff Médéric mettait en exergue une citation de son directeur général, Thomas Saunier, à propos de ses investissements en matière d'innovation et de transformation « digitale ». Suis-je seul à m'étonner de leur déséquilibre entre efforts internes et contributions aux écosystèmes extérieurs ?

L'information était déjà présente dans les résultats du Groupe de protection sociale pour 2017 : après avoir apporté 150 millions d'euros au fonds MM' Innov, créé en association avec Idinvest Partners pour accompagner le développement de startups dans les domaines de la FinTech, de l'e-santé, des ressources humaines…, il confirme avoir consacré 20 (petits) millions à sa propre transformation, dans le cadre d'une enveloppe de 100 millions de dépenses sur 5 ans annoncée l'année précédente.

S'il faut en croire les chiffres, et en estimant que l'horizon temporel des deux grandes initiatives est cohérent, Malakoff Médéric révèle donc sans sourciller qu'elle préfère, dans une certaine mesure, miser sur des acteurs tiers pour relever les défis du XXIème siècle plutôt que de croire en ses forces intrinsèques et sa capacité à évoluer. D'emblée, le message sous-jacent ressemble à une forme de capitulation devant un chantier gigantesque. Pire encore, cette stratégie serait vraisemblablement vouée à l'échec.

Résultats annuels 2017 Malakoff Médéric

En effet, il paraît tellement illusoire d'espérer opérer une révolution dans l'entreprise en « se contentant » de financer des jeunes pousses, voire en tentant de coopérer avec elles. Les organisations ayant atteint la plus grande maturité « digitale », elles-mêmes, ne succombent pas à ce mythe : quand elles se rapprochent de petites structures agiles, leur objectif est de compléter leur dispositif. Alors, pour celles qui en sont aux prémices de leur mutation, il n'y a rigoureusement rien à espérer d'une approche de ce genre.

Sans préparation préalable, sans remise à plat intégrale des systèmes et des processus existants, sans réforme en profondeur des pratiques habituelles des collaborateurs, sans réinvention de la culture d'entreprise, l'introduction d'une autre vision par la seule juxtaposition d'un modèle de startup n'aura aucun effet positif (et ne parlons pas des essais d'absorption dont je ne connais aucun cas de succès !). Dans ces conditions, les candidates à la modernisation « digitale » seraient avisées de mettre tous leurs moyens au service des changements internes, car il en faudra beaucoup pour réussir !

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