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jeudi 15 novembre 2018

Impak et sa monnaie virtuelle à impact positif

Impak
La vogue des monnaies virtuelles – à base de blockchain ou non – a stimulé une multitude d'initiatives destinées à promouvoir les économies locales (à l'instar de la livre de Liverpool ou de l'Eusko du Pays Basque). Plus rares sont celles qui adressent des enjeux sectoriels, tel que ceux qui touchent à la responsabilité sociale et environnementale.

La jeune pousse québécoise Impak fait donc partie des exceptions, avec sa démarche entièrement consacrée à favoriser et développer une consommation à impact positif, qu'elle importe actuellement en France après un premier déploiement à Montréal et Toronto, au Canada. Et du fait de son ambition, il n'est pas question pour elle de se contenter de mettre sur le marché une nouvelle cryptomonnaie : elle bâtit un véritable écosystème qui doit garantir que ses objectifs sont respectés, dans la durée.

Ses objectifs, justement, quels sont-ils ? Dans une économie qui cherche exclusivement à exploiter toujours plus des ressources, naturelles et humaines, pourtant limitées, la prise de conscience de la nécessité d'une autre approche a besoin d'acteurs engagés concrètement. Alors, Impak se positionne comme un intermédiaire qui évalue l'impact sociétal et environnemental des entreprises et valorise celles dont le bilan est positif auprès de la communauté de consommateurs rassemblée autour de sa monnaie.

En pratique, la startup adopte ainsi d'abord un premier rôle de qualification des « bons élèves » de l'économie d'impact, dans différents domaines. Grâce à un processus qu'elle à conçu à partir de standards internationaux (les 17 objectifs du développement durable des Nations Unies et les principes de l'Impact Management Project), elle valide les candidatures qui lui sont soumises en privilégiant les acteurs produisant des solutions directes aux problèmes, mais sans mépriser ceux qui veulent limiter leurs effets négatifs.

Accueil Impak

Face à ces entreprises, Impak alignera l'armée d'acheteurs potentiels qu'elle aura convaincu de rejoindre le mouvement. Son argument principal pour les séduire sera un porte-monnaie électronique, à venir prochainement, qui offrira un annuaire des affiliés et, surtout, pourra être utilisé pour régler les achats réalisés auprès des commerces retenus – soit en devise nationale (dollar ou euro, selon le pays), soit en Impak Coin, sa propre cryptodevise – et qui récompensera ces dépenses responsables.

Le dispositif comporte enfin un dernier volet, important car il devrait constituer le socle futur du modèle économique d'Impak. En l'occurrence, les grands groupes seront également sollicités : en alignement avec les préoccupations de développement durable qui animent les plus avancés d'entre eux, une plate-forme d'achats responsables leur permettra d'accéder rapidement, simplement et à moindre frais (mais pas gratuitement) au catalogue des fournisseurs développé initialement pour les consommateurs.

Je ne peux manquer d'exprimer mon scepticisme quant au recours à une blockchain pour gérer une monnaie virtuelle qui, de l'aveu même de ses concepteurs, est soumise à une gouvernance centralisée, couvrant jusqu'à son cours officiel, qui a vocation à suivre l'évolution de l'économie d'impact. En dehors de cette réserve de détail, il reste un magnifique projet de création et d'animation d'une communauté multi-partite engagée pour la planète, fédérée intelligemment autour d'un porte-monnaie mobile.

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