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jeudi 28 décembre 2017

Vers une Europe de la FinTech ?

Europe
Après avoir établi, non sans difficultés, un marché unique des paiements qui doit s'affermir dans les prochains mois, la Commission Européenne s'apprêterait maintenant, selon le Financial Times, à instaurer un régime commun pour les acteurs de la finance participative. L'enjeu est de taille, puisque ce qui se joue est la compétitivité de l'Union.

Une proposition de réglementation pourrait donc voir le jour dès le début de l'année 2018. Elle viserait à créer une sorte de licence paneuropéenne permettant aux jeunes pousses agréées du crowdfunding et du crédit de pair à pair (P2P) de déployer leurs services dans les 28 pays de l'Union sans avoir à se préoccuper des spécificités administratives locales. Il ne s'agirait en outre que d'une première étape avant d'envisager une extension de l'approche aux nombreux autres domaines de la FinTech.

L'objectif de ces initiatives est double. D'un côté, les édiles européens désirent poursuivre leur entreprise d'ouverture du secteur financier à la concurrence et il leur faut, pour ce faire, favoriser le développement d'alternatives crédibles. D'autre part, il commence à poindre une inquiétude vis-à-vis de l'hégémonie technologique des États-Unis et de l'émergence de géants asiatiques (notamment chinois), toutes deux susceptibles de menacer la place des banques européennes dans la finance mondiale.

Hélas, en dehors de quelques rares exceptions (TransferWise, N26…), les jeunes pousses qui éclosent sur le continent exposent une faiblesse structurelle en concentrant presque systématiquement leurs efforts d'expansion sur leur marché national plutôt que de se positionner d'emblée sur l'ensemble du continent, ce qui limite automatiquement leur marché potentiel et leurs perspectives de croissance. La Commission s'attaque logiquement à une raison supposée de cette « timidité », la complexité réglementaire.

Il ne faut toutefois pas se faire trop d'illusions sur l'effet possible d'une uniformisation des formalités et des exigences à l'échelle de l'Europe, même si elle ne peut avoir qu'un impact positif. Il restera d'autres handicaps à lever et d'autres obstacles à franchir. En particulier, les différences culturelles entre les 28 représentent certainement un des freins les plus importants au franchissement des frontières ; pour les entrepreneurs, qui ne savent pas toujours comment s'adresser à des consommateurs qu'ils ne connaissent pas, et pour ces derniers, qui n'accordent pas facilement leur confiance.

Le cas des États-Unis offre d'ailleurs un contre-exemple révélateur : ses startups profitent avant tout d'un marché de plus de 320 millions de personnes partageant, dans une large mesure, une même culture, de mêmes habitudes, un même mode de vie. Celles qui se lancent dans les services financiers, en particulier, doivent souvent faire face à un imbroglio de réglementations et d'obligations spécifiques à chaque état, qui, toutefois, les empêchent rarement de s'implanter sur la totalité du territoire. La compétitivité de l'Europe doit donc aussi passer par une convergence des comportements.

Naturellement, le changement de culture ne se décrète pas comme une nouvelle réglementation… Alors, il faudra probablement du temps avant que l'Europe de la FinTech ne se concrétise. Mais peut-être les acteurs nationaux existants pourraient-ils stimuler la transition en essayent eux-mêmes de faire traverser les frontières à leurs modèles d'inspiration locale, de combiner des approches issues de différentes origines… Pourquoi ne serait-il pas possible de créer des modèles innovants paneuropéens ?

Commission Européenne

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