C'est pas mon idée !

dimanche 29 janvier 2017

De la voiture connectée à la voiture autonome

Automatric
Quatre ans après ses débuts, la solution de « paiement invisible » Automatric d'Oney (filiale de services financiers du groupe Auchan) sera bientôt intégrée [PDF] dans un prototype de voiture connectée que prépare le constructeur PSA. Mais peut-être l'heure serait-elle venue de repenser l'approche pour une autre vision des transports ?

L'idée d'installer le paiement au cœur de l'automobile n'est pas nouvelle (Ford et Visa, notamment, ont déjà présenté leurs concepts) et elle possède une logique certaine, tant il vaudrait de simplifier l'expérience utilisateur au moment de passer un péage d'autoroute, de faire le plein de carburant, de déposer le véhicule dans un parking… voire de se restaurer dans un drive-in. Pour chacun de ces cas, des solutions ponctuelles dédiées existent, pourquoi ne pas les rassembler dans un porte-monnaie unique ?

Dans cette perspective, Automatric propose au conducteur de créer un compte virtuel dans lequel il associe l'immatriculation de sa voiture ou de sa motocyclette aux coordonnées de sa carte bancaire. Dès lors, dans les commerces équipés (parkings, stations service…), le paiement est exécuté automatiquement, via une simple reconnaissance de la plaque du véhicule (enfin, presque, car il est demandé une validation par la saisie d'un code PIN, pour garantir la sécurité des transactions).

Aussi séduisant soit le principe, il ne semble pas parvenir à se développer puisque, en Espagne et au Portugal, où il a été déployé pour l'instant, une centaine seulement de points de vente acceptent le système de paiement Automatric, qui n'aurait par ailleurs conquis que 60 000 clients. En pratique, il n'est pas difficile de comprendre les raisons profondes de ces chiffres médiocres et ce n'est pas la seule généralisation du dispositif dans les futures voitures connectées de PSA qui résoudra le problème.

Automatric en station service

Ainsi, telle qu'est présentée la solution, il paraît évident que la lourdeur des infrastructures à mettre en œuvre représente une limitation majeure pour les commerces qui souhaiteraient l'adopter : entre la borne comportant le matériel de reconnaissance optique et le terminal de confirmation de paiement, c'est un projet d'aménagement complet de l'espace qu'il faut prévoir. Les coûts correspondants sont certainement de nature à freiner l'enthousiasme, surtout face à un marché encore naissant…

Il devrait pourtant être possible aujourd'hui de réduire ces difficultés. À l'heure où Amazon est capable de déterminer le contenu d'un panier de courses grâce à divers capteurs répartis dans une supérette ou quand Google sait identifier une personne par reconnaissance faciale au moyen de caméras de surveillance, un équipement spécialisé n'est probablement plus indispensable pour décoder une plaque d'immatriculation. Quant à la sécurité, une application mobile ne serait-elle pas plus appropriée ?

Enfin, au-delà de ces considérations pratiques, il va devenir rapidement crucial de projeter le modèle transitionnel de l'automobile connectée vers une vision plus disruptive du véhicule autonome. Je ne pense pas ici (uniquement) aux voitures sans pilote mais plus à la tendance de l'économie de partage, qui fait progressivement disparaître l'équivalence habituellement établie entre propriétaire et conducteur. Le porte-monnaie du moyen de transport de demain, partagé, devra nécessairement prendre une autre forme

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