C'est pas mon idée !

jeudi 25 août 2016

Mariage entre économie collaborative et FinTech

Betterment
Quand Uber invente de nouvelles formes d'emploi et de salariat pour le XXIème siècle (et quel que soit le jugement qu'on porte sur celles-ci), elle entraîne avec elle des pans entiers de l'économie, qui englobent naturellement les services financiers. Son partenariat avec Betterment est une illustration supplémentaire de sa stratégie en la matière.

Bien qu'il soit considéré comme un quasi esclavagiste par ses détracteurs, le leader mondial des VTC attache un soin particulier aux services complémentaires qu'il met à la disposition de ses chauffeurs, ne serait-ce que pour se démarquer d'une concurrence vivace. Ainsi, après une solution de leasing et un compte bancaire personnalisés, l'entreprise veut désormais proposer aux travailleurs indépendants qu'elle emploie des avantages équivalents à ceux des salariés classiques : assurance santé, retraite…

Cependant, dans ce registre également, Uber fait preuve d'innovation. Il n'est en effet pas question d'adopter les offres des acteurs historiques. Au contraire, ce sont, dans la plupart des cas, des startups de la FinTech qui sont mises à contribution : Green Dot avait été retenue pour le compte prépayé, Stride Health fournit la couverture médicale… et Betterment est donc le partenaire sélectionné pour l'épargne. Or il faut bien réaliser que ces choix sont principalement motivés par leur adéquation aux attentes des clients.

Concrètement, les critères appliqués pour établir ces coopérations sont simplement ceux du monde « digital » : flexibilité, transparence, personnalisation, qualité de l'expérience utilisateur, facilité d'intégration, coûts maîtrisés… En réalité, ils représentent tout ce qui caractérise la vision stratégique des nouveaux entrants – qu'ils opèrent un réseau de VTC ou qu'ils exercent une activité bancaire – et dont s'avèrent encore totalement incapables, dans leur immense majorité, les institutions financières traditionnelles.

Uber x Betterment

En l'occurrence, la proposition de Betterment intégrée par Uber est incontestablement difficile à surpasser : ouverture d'un plan réglementé (« IRA ») sans condition d'investissement minimum, gratuité la première année (puis coût modéré), liberté totale des apports, accès à des experts à la demande… Et le tout est disponible directement depuis l'application de gestion des courses (tout comme l'assurance santé). L'entreprise de VTC se démène pour éviter que ses chauffeurs n'obtiennent un statut salarié mais elle n'hésite pas à leur octroyer des avantages exceptionnels (dans ce contexte) !

Mais, plus que la démarche d'Uber, ce qui devrait absolument retenir l'attention des grands groupes financiers derrière cette annonce est l'inexorable marginalisation dont ils seront de plus en plus souvent victimes dans l'économie émergente. Au fur et à mesure de la « digitalisation » de toutes les activités et de tous les métiers, ils se verront progressivement substituer des solutions nativement compatibles avec le nouvel environnement. À moins qu'ils ne parviennent enfin à se transformer eux-mêmes…

À lire également sur le même sujet, cet article de « Inc. »

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