C'est pas mon idée !

mercredi 6 avril 2016

Quand l'intelligence vient au robot (conseiller)

Wealthfront
Depuis leur naissance, les « robo-advisors » promettent de remplacer les conseillers en investissement par des algorithmes, aussi efficaces et bien plus abordables. Avec les progrès de l'intelligence artificielle, ils deviendraient maintenant capables d'être beaucoup plus performants : Wealthfront présente la troisième génération de sa solution !

Il est vrai que les plates-formes existantes, qui se ressemblent toutes un peu, ne font pas preuve d'une extraordinaire ingéniosité. Leurs modèles d'allocation sont généralement basés sur des recherches académiques largement répandues (et souvent anciennes) et leur seule valeur ajoutée (certes inestimable) est d'offrir un service très accessible, autant par la qualité de l'expérience utilisateur (par exemple dans la détermination de l'appétence au risque) que par les coûts réduits (grâce à l'automatisation).

Sur cette base, presque toujours fondée sur les populaires fonds indiciels (« ETF »), les différents acteurs proposent tout au plus quelques variantes, telles que les multiples stratégies d'optimisation fiscale de Wealthfront ou l'entrée récente de Betterment sur le marché de l'épargne réglementée. En pratique, l'objectif prioritaire des « robo-advisors » actuels est de fournir un produit d'investissement de qualité à des clients qui n'ont pas réellement l'opportunité de bénéficier des conseils d'un professionnel.

Cependant, Wealthfront veut désormais passer à une autre échelle de service, susceptible, sinon de conquérir des populations plus aisées, du moins de fidéliser ses clients dont le portefeuille se situe dans les tranches les plus élevées (et, donc, les plus rentables). Pour ce faire, elle veut développer un niveau de personnalisation exceptionnel, réduisant l'écart entre son approche et une relation avec un conseiller humain. L'intelligence artificielle et des API ouvertes rendent une telle vision possible.

Wealthfront is the Future of Investing

En premier lieu, c'est une véritable logique de plate-forme que commence à mettre en œuvre la jeune pousse. Elle intègre ainsi dès aujourd'hui des interfaces directes avec une riche palette d'outils complémentaires à son service – Venmo (solution de paiement en ligne), Coinbase (porte-monnaie et place de change bitcoin), Lending Club (finance participative), Redfin (agence immobilière en ligne) – et il ne fait aucun doute que de nombreux autres suivront. Son but ? Connaître ses clients, tout simplement !

À l'instar d'un gestionnaire de patrimoine découvrant progressivement – à travers entretiens, simulations, suggestions… – les préférences et les réticences de son client, l'accès (dynamique) à ses habitudes de paiement, son usage de bitcoin, ses choix en matière de crédit P2P, l'estimation de ses biens immobiliers et toutes les informations qui s'ajouteront plus tard à celles-ci permettront aux algorithmes « intelligents » de Wealthfront de lui offrir un conseil individualisé, plus proche de ses attentes.

En surface, l'utilisateur obtiendra d'abord une vue exhaustive de sa situation financière personnelle, qui intègre la totalité de son patrimoine et son évolution prévisible (fiscalité comprise). En arrière-plan, avec suffisamment de données captées, son comportement quotidien et ses ressorts psychologiques pourront également être analysés (probablement avec plus de précision qu'en se fiant uniquement à ses déclarations) et pris en compte dans les stratégies d'investissement qui lui seront recommandées.

Le dernier obstacle que devra lever Wealthfront pour convaincre les consommateurs qu'ils n'ont plus besoin d'un conseiller en investissement humain sera d'inspirer le même niveau de confiance que ce dernier, notamment en termes de confidentialité et de protection de la vie privée : pour les générations nées avec Google, Facebook et consorts, ce ne devrait pas être une difficulté insurmontable…

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