C'est pas mon idée !

mercredi 27 janvier 2016

Turbulences sur les métiers de l'assurance

McKinsey Insights
La révolution « digitale » et les progrès de l'automatisation promettent de changer profondément le paysage de l'emploi dans de nombreux domaines d'activité. Les analyses de McKinsey proposent une projection de cette tendance sur le secteur de l'assurance, historiquement stable et prudent, qui risque de subir une transformation radicale.

Si des prédictions du même ordre ont été tenues par le passé, sans jamais véritablement se concrétiser, la situation est aujourd'hui sensiblement différente. Les technologies émergentes de l'analyse de données et de l'apprentissage automatique (« machine learning »), en particulier, sont effectivement susceptibles de rendre obsolètes un certain nombre de tâches actuellement réalisées par des personnes, en apportant un niveau d'efficacité incomparable lorsqu'elles sont exécutées par des algorithmes.

En pratique, la nouvelle donne peut être observée dès maintenant, et pas uniquement dans les startups de l'InsurTech. Pour les experts de McKinsey, 45% des activités menées quotidiennement par les collaborateurs des compagnies d'assurance pourraient être remplacées dès demain par des solutions automatisées, disponibles sur le marché. La conséquence directe est une évolution prévisible, plus ou moins importante, de la plupart des rôles existants dans les organisations, à court ou moyen terme.

Inévitablement, les implications sur l'emploi seront colossales. D'ici à 2025, 25% de postes pourraient disparaître dans le secteur, avec des pertes nettes les plus sévères dans les opérations et dans les fonctions administratives, mais aussi, quoique dans une moindre mesure, dans l'informatique, dont certaines activités répétitives sont également automatisables. Par ailleurs, les positions qui survivront à ce cataclysme seront malgré tout profondément transformées et feront appel à des compétences nouvelles.

Dans ce contexte, l'enjeu sera donc aussi de savoir capter et conserver les talents nécessaires, notamment dans des métiers encore rares, qui sont amenés à se développer (et feront l'objet de recrutements nets), par exemple autour du marketing sur les canaux digitaux, de la détection de la fraude, de l'évitement des sinistres… pour lesquels les compétences en matière de « big data » ou de développement agile (plus seulement informatique, d'ailleurs), parmi d'autres, deviennent primordiales.

Ces perspectives peuvent paraître sombres mais elles sont probablement réalistes. Alors, les acteurs concernés fermeront-ils les yeux – comme ils en ont trop souvent l'habitude – en se convaincant que s'ils ne regardent pas, le cauchemar ne se produira pas ? Ou prendront-ils conscience de l'inéluctabilité du changement et se mettront-ils à le préparer afin d'en minimiser les impacts ? Si cette deuxième option est retenue (ce qui serait éminemment souhaitable), il faut y travailler dès maintenant…

Parapluie

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