C'est pas mon idée !

mercredi 28 octobre 2015

Amino, un annuaire de médecins personnalisé

Amino
Le mouvement « open data » se développe à grande vitesse dans une multitude de domaines, sans qu'on en perçoive toujours l'utilité concrète. Une jeune pousse américaine Amino, propose un exemple d'usage des données d'assurance santé, prenant la forme d'un annuaire « intelligent » de près de 900 000 médecins.

Le concept a trouvé son origine dans un constat simple : dans la plupart des cas, la sélection d'un médecin – spécialiste ou généraliste – passe par les recommandations des proches ou une simple recherche dans un annuaire. L'inconvénient de ces méthodes est qu'elles ne sont pas discriminantes : pas facile, en effet, de s'assurer de faire le meilleur choix dans ces conditions ! L'objectif d'Amino est donc d'offrir aux citoyens les moyens de rechercher le praticien qui correspond le mieux à leurs critères individuels.

Parmi ces dernier, figurera, au premier chef, l'expérience professionnelle. Ainsi, lorsque l'internaute interroge le moteur de recherche de la plate-forme, il spécifie d'abord l'affection dont il souffre. Dès lors, les résultats qu'il obtient mettent en avant le nombre de cas similaires traités par chaque médecin suggéré. Naturellement, la proximité géographique fait aussi partie des options de filtrage disponibles, tout comme la prise en charge des soins par la compagnie d'assurance du demandeur, le cas échéant.

Des préférences personnelles peuvent également entrer en ligne de compte, des plus élémentaires – par exemple entre homme et femme – aux plus élaborées – telles que les obstétriciens ayant le plus faible nombre de césariennes à leur actif, pour une femme qui souhaite accoucher par méthode naturelle. L'ambition est de délivrer une expérience totalement centrée sur les besoins des patients et, dans ce but, Amino entend ajouter progressivement les critères qui seront plébiscités par ses utilisateurs.

Données Amino

Pour remplir sa mission, la société s'appuie sur une gigantesque base de dossiers de soins – accumulés via des partenariats avec les assureurs – qui représente presque 4 milliards d'interactions, concernant 188 millions de patients (dont les informations personnelles sont évidemment anonymisées). Mais ces données brutes n'ont aucune valeur en tant que telles et c'est l'analyse qu'en fait Amino qui leur donne corps, notamment en les répartissant sur plus de 800 types d'affections et de spécialités.

Bien que la démarche de la startup ne soit pas exempte de défauts (elle tend à désavantager les débutants, entre autres), elle constitue une leçon à méditer pour les tenants de l'« open data » qui se flattent de publier des masses de données de toutes sortes (à l'image de la section « Santé et Social » du portail public français) mais se préoccupent trop rarement de l'usage qui peut en être fait – voire de la possibilité même de les exploiter – et rendent de la sorte leurs efforts stériles. Les utilisateurs des données sont un maillon essentiel de la chaîne de valeur !

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