C'est pas mon idée !

mercredi 2 septembre 2015

Tab, le paiement mobile pour les voyageurs

Tab.
Repérée parmi la vague FinTech de la récente promotion de startups sélectionnées par le fameux accélérateur Y Combinator, Tab (à ne pas confondre avec tab.) s'attaque à une niche du secteur financier qui n'avait pas encore été directement abordée jusqu'à maintenant : les paiements des voyageurs dans les pays étrangers.

L'oubli peut surprendre tant le système existant semble mûr pour la disruption, entre l'incapacité (souvent économique) des commerçants des régions émergentes à accepter les cartes de crédit et les coûts prohibitifs que doivent supporter les consommateurs sur les transactions en devises et les retraits d'espèces à l'étranger. Il faut cependant remettre les pieds sur terre, car tenter de transformer ainsi les paiements à l'échelle mondiale relève d'une ambition qui peut être aisément qualifiée de démesurée !

Un modèle alternatif suppose en effet d'orchestrer le déploiement de deux composantes complémentaires : une infrastructure d'encaissement dans les principales destinations touristiques (avant de viser tous les pays de la planète) et un outil de paiement universel pour le grand public. Comme toujours dans ce secteur, la principale difficulté à surmonter au lancement est de déclencher l'adoption des deux parties – commerçants et consommateurs – pendant que les usages restent embryonnaires.

Tab ne craint pas de relever le défi et offre pour ce faire quelques arguments intéressants. Côté marchand, tout d'abord, elle propose une solution simple et accessible, consistant en une application pour smartphone. La particularité de cette dernière est d'accepter aussi bien les paiements via le réseau propriétaire de la jeune pousse que par carte bancaire. Avec une tarification défiant toute concurrence (commission de 1% du montant des opérations, à comparer aux 6 ou 7% fréquents dans les pays les plus mal servis), elle se met définitivement à la portée du plus grand nombre.

Accueil Tab.

Le voyageur, pour sa part, dispose d'un porte-monnaie mobile relativement classique. Il possède cependant une caractéristique très spéciale : toutes les dépenses sont imputées dans la devise d'origine de la carte à laquelle il est lié à l'inscription, quel que soit le lieu où elles sont exécutées (les commerçants étant évidemment eux-mêmes réglés dans la devise de leur pays). Grâce à ce petit détail, Tab promet, là aussi, des économies sensibles, en dépit du prélèvement de commissions pouvant atteindre 4%.

La révolution opère donc ici sur deux plans distincts. D'une part, la startup prend à sa charge les opérations de change et peut, de la sorte, réduire les coûts des transactions. La méthode utilisée est gardée secrète mais j'aime à imaginer qu'une approche à la TransferWise est mise en œuvre pour optimiser les flux. D'autre part, elle fait supporter une bonne partie des frais aux consommateurs – de manière très explicite – et non aux commerçants, un choix finalement logique pour une cible de marchés émergents.

Ces recettes sont astucieuses mais elles ne garantiront pas à elles seules le succès. Il risque d'être difficile, par exemple, de faire accepter aux voyageurs des commissions directes sur leurs achats, alors que les coûts des opérations par carte – généralement beaucoup plus élevés – sont totalement masqués. Il n'en reste pas moins que la combinaison d'innovations – en matière de paiements mobiles et de change 2.0 – développée par Tab aboutit à un concept qui stimule l'imagination

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