C'est pas mon idée !

lundi 31 août 2015

Finsquare veut rassurer ses prêteurs

Finsquare
Sous l'impulsion d'une réglementation dédiée et de l'entrée en scène des institutions financières traditionnelles, le crowdfunding explose littéralement en France. Cependant, le marché est relativement immature et les risques qu'il comporte sont parfois sous-estimés. Finsquare tente de rassurer avant qu'un drame ne survienne.

En effet, en dépit de quelques alertes (notamment du côté d'Unilend), les particuliers qui financent directement les entreprises sur les plates-formes de crédit P2P (de « pair à pair ») ont facilement tendance à oublier que le remboursement d'un emprunt n'est jamais garanti à 100%, quelles que soient les précautions prises lors du processus de sélection des dossiers. Alors, afin de prémunir ses clients contre ce danger, Finsquare a récemment choisi de souscrire une assurance sur les opérations qu'elle gère.

La garantie offerte est relativement limitée puisqu'elle couvre seulement 50% du capital, sur les prêts d'une durée maximale de 18 mois – alors que la maturité moyenne des opérations traitées est de plus de 21 mois – et n'est effective que contre les risques de décès ou d'incapacité du représentant légal ainsi que le redressement et la liquidation judiciaires de l'entreprise financée. Il n'est donc pas question, en particulier, de prendre en charge les comportements délinquants des emprunteurs indélicats.

Ces limitations ne peuvent surprendre, car le contrat est souscrit auprès d'une compagnie d'assurance classique (Groupama Gan Vie, en l'occurrence) et que cette dernière ne dispose que de très peu de données fiables, qui lui permettraient d'évaluer les risques spécifiques à l'activité du crowdfunding. Les statistiques officielles de Finsquare, par exemple, font encore état d'un taux de défaut nul, sur une cinquantaine d'opérations, représentant un montant total de prêts de 830 000 euros.

Finsquare

Selon toute vraisemblance, ces faibles volumes constituent également la raison pour laquelle la startup a recours à une compagnie externe et non, comme ses consœurs britanniques Zopa et RateSetter, à une réserve de garantie gérée en propre. Cette dernière option est pourtant la plus séduisante, parce que – outre le fait qu'elle établit un prolongement logique de l'approche P2P sur l'assurance des prêts – elle permet d'adapter au mieux la protection des consommateurs aux usages et aux risques réels.

En attendant que Finsquare puisse (un jour, peut-être ?) adopter ce modèle, son initiative immédiate est empreinte de bon sens. Car, malgré la faveur dont elle jouit auprès du grand public, la finance participative ne pourra véritablement décoller sans développer la confiance. Or, non seulement celle-ci n'est pas entièrement acquise aujourd'hui mais, de plus, elle est à la merci d'un retournement médiatique qui ne manquera certainement pas de se produire, à l'occasion d'une défaillance quelconque.

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