C'est pas mon idée !

mardi 28 avril 2015

Un réseau de paiement mobile panafricain

M-pesa
En quelques années, M-Pesa s'est imposé comme le système de paiement (sur mobile) le plus populaire du Kenya, incitant logiquement son propriétaire, Vodafone, à le déployer dans les pays voisins où il est présent. Grâce à une alliance avec un autre opérateur, MTN, c'est maintenant un véritable réseau panafricain qui voit le jour.

Au fil du temps, la solution M-Pesa, d'abord locale à chacun de ses marchés d'implantation, s'est enrichie de nouvelles fonctions, dont l'interopérabilité trans-frontalière. Ainsi, en mars dernier, Vodafone annonçait la possibilité de réaliser des transferts entre le Kenya et la Tanzanie, offrant un service beaucoup plus économique aux milliers de personnes non bancarisées qui réalisait jusqu'à présent ces transactions – estimées à plus de 130 millions de dollars annuels – via les intermédiaires classiques, à des coûts prohibitifs.

L'accord signé par Vodafone avec l'opérateur MTN – avec qui il est pourtant en concurrence directe au Ghana et en Afrique du Sud – va permettre d'étendre ces capacités d'échanges internationaux à 7 pays du cœur du continent : Kenya, Mozambique, République Démocratique du Congo et Tanzanie, sur le territoire du premier, et Ouganda, Rwanda et Zambie, pour le second. Outre la facilitation des transferts d'argent, les partenaires conviennent également de partager leurs bonnes pratiques, de manière à offrir des services toujours plus utiles à leurs clients respectifs.

MTN MobileMoney

Tandis que les pays développés poursuivent leurs efforts pathétiques pour faire adopter des solutions dont les consommateurs et les commerçants ne veulent visiblement pas, l'Afrique continue à démontrer comment un produit simple, mais répondant à un véritable besoin, peut réussir et se développer dans la durée. Partie du Kenya, l'idée de M-Pesa s'étend progressivement à l'ensemble du continent : au-delà des 7 marchés déjà couverts, n'oublions pas que MTN est aussi très présent plus à l'ouest.

Et, si l'interopérabilité des échanges prend de l'importance pour les utilisateurs de ces services de paiement, Orange, qui opère dans beaucoup des mêmes pays que ces pionniers, peut se faire du souci pour sa propre solution Orange Money. À moins que le français ne rejoigne l'initiative et renforce encore la valeur du réseau panafricain des paiements mobiles en voie d'émergence : la promesse d'aider au développement économique des populations défavorisées, sans accès aux services financiers, le mériterait bien…

Actualité repérée grâce à Matthieu Soule (merci !)

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