C'est pas mon idée !

mercredi 14 janvier 2015

Boursorama, la banque de demain… ou presque

Boursorama
En ce début d'année, Boursorama dévoile plusieurs nouveautés, confirmant son ambition de définir la « banque du futur » en France. Si cette cible n'est pas réellement atteinte, faute d'originalité pour une majorité des services ajoutés, quelques idées laissent malgré tout entrevoir ce que l'avenir pourrait nous réserver.

Tout d'abord, les changements vont dans la bonne direction. La refonte de l'ancien MoneyCenter – la solution de PFM (gestion de finances personnelles) de Boursorama – est une occasion de l'enrichir, avec un accès aux comptes courants et d'épargne réglementée détenus dans 173 établissements, et de l'intégrer directement au cœur de l'espace de services en ligne. Celui-ci étant identique sur tous les supports, l'utilisateur dispose désormais d'une vue intégrale de ses comptes, sur PC, sur mobile ou sur tablette, avec une interface parfaitement adaptée à chaque écran.

Autre addition marquante, un coffre-fort numérique propose au client de stocker ses documents importants. Il se voit même compléter d'une fonction de capture des factures : une simple configuration permet de récupérer automatiquement les documents produits par les opérateurs de télécommunication, les fournisseurs d'énergie, le Trésor Public et plus de 600 autres partenaires, de les conserver en toute sécurité et de les associer, sans aucune intervention manuelle, aux transactions de paiement correspondantes.

Ce sont là deux services pratiques et potentiellement utiles, mais qui ne sont pas inédits et qui ne révolutionneront pas la banque de 2015. Le PFM, en particulier, reste tristement cantonné à sa dimension première d'analyse du budget passé, sans la moindre tentative d'assistance pro-active (prédictive) à la gestion des finances personnelles. Pour l'instant, l'innovation la plus significative reste Boursoshop, la boutique en ligne déjà évoquée lors de sa sortie, et dont il est confirmé qu'elle sera prochainement étendue à d'autres domaines que la vente de véhicules d'occasion.

Boursorama Banque du Futur

Est-ce tout ? Pas tout à fait, mais la partie la plus intéressante des annonces de Boursorama pourrait facilement passer inaperçue tant elle est anodine. Il est ainsi question d'alertes personnalisées et de changements de plafond de carte ou de découvert autorisé. Le point commun de ces 3 options est qu'elles opèrent en temps réel. Le client peut, par exemple, choisir de recevoir un SMS instantanément après une dépense dépassant un certain montant ou le rapprochant dangereusement de son plafond. Dans ce dernier cas, il peut, en quelques clics, rehausser la limite, effective immédiatement.

Voilà donc la première esquisse – aussi modeste soit-elle – de la banque de demain : celle qui connaît le contexte et l'environnement du client, qui prévient ses besoins et lui propose spontanément de les combler, sans attente. Hélas, la frustration est d'autant plus forte lorsque l'effort s'arrête brutalement en cours de route. Exemple trivial : Pourquoi les transactions ne sont-elles pas immédiatement intégrées dans le « reste à dépenser » (qui n'est d'ailleurs pas matérialisé en tant que tel) alors qu'elles sont prises en compte dans la seconde pour le contrôle du plafond ?

Pire encore, le solde de compte présenté à l'utilisateur intègre plus ou moins implicitement le découvert autorisé : si je dispose de 1 000 € sur mon compte et que j'ai droit à 5 000 € de dépassement, le service affiche un « solde disponible » de 6 000 €, sans même prendre le soin de détailler très visiblement les frais que je peux encourir en cas d'utilisation de la réserve. A travers ces deux faux-pas, la qualité qui manque clairement ici est la transparence totale qu'exigent aujourd'hui les consommateurs sur leurs finances personnelles et sur les offres de leur banque…

En synthèse, la vision que nous propose Boursorama est en progrès sensible par rapport à ce que proposent la plupart de ses concurrentes (le PFM intégré et ouvert aux autres établissements reste unique), mais il faut espérer que la véritable banque de demain sera encore plus proche des attentes de ses clients. Il reste donc du chemin à parcourir

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