C'est pas mon idée !

samedi 27 septembre 2014

Finexkap à l'assaut de l'affacturage !

Finexkap
Elle aurait pu n'être « que » une place de marché en ligne de financement de factures, comme il en existe déjà quelques-unes de par le monde (par exemple MarketInvoice au Royaume-Uni), mais l'idée n'était pas assez disruptive. Alors, dans quelques semaines, Finexkap ouvrira finalement une véritable plate-forme d'affacturage.

Comme il se doit pour une startup ambitieuse, son modèle est conçu pour sérieusement bousculer l'ordre établi, particulièrement statique dans ce domaine. La promesse aux PME qui constituent sa cible est à la mesure de l'enjeu et rompt donc avec toutes les traditions : pas d'engagement ni de contrat au long cours, pas de garantie ni de caution personnelle exigée, pas de recours en défaut, un processus d'inscription simple, entièrement en ligne et totalement dématérialisé, et une transparence des coûts inédite.

Le secret de Finexkap ? En fait il est double. En premier lieu, la société est plongée depuis plusieurs mois dans les « big data », grâce auxquelles elle met au point des modèles de scoring des entreprises – aussi bien les cédantes que les débitrices – lui permettant de réduire son risque. De l'autre côté, elle met en place uns solution de « titrisation » des factures financées, qu'elle peut ainsi placer auprès des grands groupes (et quelques investisseurs privés) disposant de liquidités à placer à court terme.

Afin d'assurer son succès auprès des PME, et bien qu'elle soit déjà parvenue à séduire plusieurs milliers d'entreprises (pré-inscrites) sans effort de communication, la jeune pousse mise essentiellement sur les partenariats avec des acteurs clés, tels que les cabinets d'expertise comptable, les courtiers en affacturage ou encore les éditeurs de logiciels de trésorerie et de comptabilité. Avec ces derniers, notamment, la technique de scoring mise en œuvre pourra également être dopée, si la coopération comprend un accès aux données de l'entreprise.

Finexkap, l'affacturage sans contrainte

Les fondateurs de Finexkap gardent tout de même la tête froide : le lancement initial – prévu en novembre (après obtention des indispensables agréments de l'AMF) – sera effectué en mode « beta », avec un nombre limité d'entreprises, le temps de valider les modèles mathématiques sur le terrain après leur maturation théorique sur une base de plusieurs millions de créances analysées. La montée en puissance est envisagée à l'horizon de 2016, laissant donc un peu de temps à l'équipe pour affiner tous les détails opérationnels de son approche.

Quoi qu'il en soit, le marché que vise Finexkap est immense. Tandis que les PME se retrouvent régulièrement étranglées par des difficultés de trésorerie, le crédit à court terme baisse continuellement et le recours à l'affacturage – qui, lui, est en hausse – n'est à la portée que d'un petit nombre d'entre elles. Imaginons alors un financement accessible par l'appui sur un bouton dans un logiciel de comptabilité, à un coût raisonnable (2,49% du montant des créances, au-dessus de 10 000 euros), et il est aisé de comprendre l'impact potentiel de la solution !

Aujourd'hui, l'affacturage est l'affaire d'un petit club fermé (de banques, en majorité) dont les pratiques n'ont pas vraiment évolué depuis des décennies, profitant d'une croissance constante de l'activité sans prise de risques. De telles caractéristiques en font naturellement une proie facile pour des entrepreneurs créatifs, sachant exploiter les opportunités technologiques de notre siècle. Et dans ce cas précis, alors que ce n'est pas vrai dans tous les domaines, les acteurs historiques pourraient bien se faire tailler des croupières par leur nouveau challenger

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