C'est pas mon idée !

vendredi 9 novembre 2012

La ludification ne s'improvise pas

Bankers Lab
La ludification (ou "gamification" en anglais), qui consiste à introduire des éléments de jeu dans des contextes sérieux (en particulier de formation professionnelle), est très en vogue à l'heure actuelle. S'agit-il d'une mode passagère ? Peut-être pas, mais, pour en tirer des bénéfices concrets et mesurables, encore faut-il maîtriser toutes les ficelles de cette discipline émergente.

Michelle Katics, patronne de BankersLab, une startup spécialisée dans les jeux sérieux à destination du secteur bancaire (effleurée ici lors de son passage au dernier Finovate Spring), rappelle, dans un article de Bank Systems & Technology, quelques principes essentiels à respecter pour réussir une initiative de ce genre.

Les caractéristiques ludiques sur lesquelles peuvent capitaliser les solutions d'apprentissage, pour maintenir l'attention de l'utilisateur et renforcer l'efficacité des formations, sont diverses. Tout d'abord, l'expression des émotions qu'inspirent les jeux, de la fierté à la frustration, est un facteur essentiel d'engagement de l'élève. Ensuite, le jeu offre un espace, délimité par des règles pré-définies, dans lequel l'utilisateur a la liberté de tester des théories et d'échouer avant d'arriver à un résultat, tandis que l'adoption d'une identité nouvelle (virtuelle) peut permettre d'affronter des défis spécifiques.

Cette mécanique du jeu doit être parfaitement comprise et alignée avec les objectifs de la formation envisagée, pour produire des résultats probants. La palette d'outils disponibles, distribution de points, tableaux de classements, système multi-niveaux, cadeaux virtuels..., est extrêmement riche et une sélection rigoureuse sera nécessaire pour cibler précisément les motivations des élèves (qu'il convient de déterminer au préalable) et équilibrer au mieux les problèmes posés et les récompenses distribuées.

En fait, ces conseils n'ont rien d'exceptionnel : ils reflètent tout simplement quelques recettes qui ont fait, de tout temps, le succès d'un jeu. Pourtant, malgré le bon sens qui les gouverne, ils sont loin d'être systématiquement appliqués. J'ai en tête l'exemple d'une auto-formation que j'ai suivie récemment et qui constitue un parfait contre-exemple, avec son "moteur" de jeu sans attrait (donc sans émotions), des règles peu claires, l'absence d'un enjeu établi, un modèle où il faut "bêtement" répéter l'exercice jusqu'à la réussite...

Il en est de la ludification comme de toutes les tendances à la mode : elle est certainement porteuse de valeur, sauf quand les excès du marketing s'emparent du concept et le dénaturent totalement. Ainsi, il ne suffit pas d'afficher un bureau virtuel avec 3 objets à déplacer à la souris pour rendre une formation "ludique". Pour éviter les échecs, il est impératif de prêter attention aux critères fondamentaux de succès d'un jeu, adaptés à l'objectif et la population visés, avant de choisir une solution.

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