C'est pas mon idée !

mardi 11 septembre 2012

ImpulseSave pour épargner sur un coup de tête

ImpulseSave
Quand les bonnes idées sont dans l'air, il peut arriver qu'elles végètent ou qu'elles s'étiolent pendant quelques temps, mais vient toujours un moment où elles rebondissent et réapparaissent, souvent sous une forme légèrement différente. L'exemple du jour est ImpulseSave, qui prolonge une lignée née il y a (au moins) 4 ans.

Commençons donc ce parcours par un petit historique. En 2008, est apparu SmartyPig, qui proposait (et propose toujours) un compte d'épargne auquel les clients peuvent associer les objectifs concrets qu'ils souhaitent atteindre (par exemple s'offrir un voyage au soleil ou acheter le nouvel iPad) et qu'ils alimentent ensuite individuellement. L'idée était simple... Encore plus simple, la banque néo-zélandaise Westpac lançait en 2011 une application mobile ("Impulse Saver" !) dont l'unique gros bouton rouge a pour action de mettre immédiatement de côté une somme pré-déterminée.

Le principe d'ImpulseSave est finalement, une simple combinaison de ces deux précédents. Le client ouvre un compte d'épargne, dans une banque partenaire de la startup et lui associe son compte courant (détenu dans n'importe quel établissement). Il va ensuite définir ses "envies", sous la forme d'une description et d'un montant à atteindre, accompagnées, en option, d'un ordre de virement récurrent dont il choisit le montant. Voilà pour la partie "inspirée" par SmartyPig.

Le modèle de l'Impulse Saver de Westpac se retrouve, pour sa part, dans une application pour iPhone qui va permettre à l'utilisateur de réaliser un virement à tout moment (par exemple à l'instant où il a envie de réaliser un achat déraisonnable !), du montant de son choix, pour alimenter un des objectifs qu'il s'est fixé. Pour ceux qui ne possèdent pas d'iPhone, la même opération est également réalisable (un peu moins facilement, certes) par SMS ou sur le site web d'ImpulseSave.

ImpulseSave sur iPhone

Cerise sur le gâteau, chaque impulsion d'épargne peut être partagée avec ses amis et relations (voire avec tout le monde), à travers un mini-réseau social intégré à la plate-forme.

Tout n'est cependant pas encore optimal dans la réalisation d'ImpulseSave. Ainsi, les multiples choix laissés à la discrétion de l'utilisateur (l'objectif à alimenter, le montant à mettre de côté, voire aussi le message à publier) nuisent à la facilité et à l'impulsivité de l'action (j'avoue avoir une affection particulière pour le bouton rouge de Westpac). Par ailleurs, le partage social des transactions, qui n'a jamais pris auprès du grand public jusqu'à maintenant, aura un impact d'autant plus faible s'il reste circonscrit aux membres du service, alors qu'il pourrait être connecté aux plates-formes "universelles" (Facebook, Twitter...).

Côté modèle économique, ImpulseSave mise sur l'indépendance et se rémunère via des commissions sur les ouvertures de compte et, potentiellement, à travers des partenariats avec des commerçants qui pourraient être mis en avant lors de l'atteinte des objectifs des utilisateurs. Cela ressemble fort à la stratégie initiale de SmartyPig qui, faute de résultats tangibles, s'est depuis réorientée vers la fourniture du service aux banques.

Cette dernière approche est vraisemblablement la plus sensée, à la fois pour le consommateur, qui va adopter beaucoup plus facilement un tel système s'il est offert par sa banque habituelle, et pour la banque elle-même, qui peut en tirer des bénéfices significatifs, en termes d'ouverture de compte (d'épargne), de fidélisation, d'image (l'idée est encore innovante)... Ce n'est pas un hasard si, outre Westpac déjà citée, le seul autre cas similaire que je connaisse est également l'œuvre d'une banque, ING Direct Canada.

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