C'est pas mon idée !

jeudi 25 août 2011

Brèves : agitation dans le secteur des paiements

L'été fut relativement calme sur le front des paiements mais la trêve saura été de courte durée et la frénésie est en train de toucher à nouveau le secteur. Signe de l'approche d'une certaine maturité (?), les dernières annonces concernent maintenant moins de nouvelles solutions que des évolutions sur celles que nous connaissons déjà. Une tendance reste cependant constante : le mobile est toujours au cœur des enjeux.


Nokia
L'ancien leader incontesté du téléphone mobile, Nokia, est désormais en perte de vitesse rapide et cherche ses futurs relais de croissance. Dans le haut de gamme, on le sait, c'est une alliance avec Microsoft (et son système Windows Phone) qui porte les espoirs. Mais le finlandais s'intéresse aussi à l'autre extrémité du marché, en dévoilant deux nouveaux appareils à très bas prix (25 euros) destinés aux pays émergents.

Qu'un constructeur européen tente de s'imposer sur ce marché de masse a de quoi surprendre, face à la concurrence chinoise en particulier. Pourtant, Nokia pourrait bien posséder un cheval de Troie pour s'imposer malgré ses handicaps "naturels" : ces téléphones embarqueront en standard la technologie Nokia Money sur le marché indien. Si ces services de banque mobile, déjà adoptés par l'Union Bank of India, parviennent à séduire les consommateurs, ils constitueront un intéressant moteur de ventes.

Cette perspective est certes hasardeuse mais dans la situation actuelle de Nokia, ses dirigeants doivent faire feu de tout bois. Et si elle se concrétisait, elle aurait certainement un impact non négligeable sur le marché bancaire, au moins en Inde...


Boku
Le système de paiement de Boku est tellement ancien que je n'ai jamais eu l'occasion d'en parler dans ces colonnes. L'annonce de partenariats avec les deux opérateurs français Bouygues Telecom et SFR me permet de combler cette lacune.

La cible de Boku est le micro-paiement en ligne (pour des montants de 10 euros maximum) et son modèle consiste à imputer les règlements effectués par Internet sur la facture mobile du client. Lors d'un achat, celui-ci indique son numéro de téléphone et n'a plus qu'à répondre au SMS qui lui est envoyé pour valider la transaction.

Les nouveaux accords, qui complètent ceux précédemment signés avec Orange, permettent maintenant à Boku de couvrir près de 90% du marché hexagonal. Malgré tout la solution reste sur une niche, avec un faible nombre de sites acceptant ce moyen de paiement, quoique Facebook en fasse apparemment partie.


Dwolla
Dwolla continue à développer son offre de paiement sur smartphones. Après Dwolla Spots pour les achats dans les boutiques partenaires, Dwolla Proxi, disponible en version beta, exploite les mêmes recettes de géolocalisation pour tous les échanges d'argents entre personnes (P2P).

Pour réaliser un paiement, la nouvelle application pour iPhone recherche les autres utilisateurs présents dans le voisinage de l'appareil, parmi lesquels il suffit de choisir le destinataire des fonds à envoyer. Si ce mode de fonctionnement vous rappelle quelque chose, ne cherchez plus : il s'agit du paiement par "bump" (inauguré par PayPal il y a déjà longtemps et répliqué ailleurs depuis), sans le "choc" entre les téléphones.

Cette fonction rend les transferts un peu plus faciles et rapides mais je ne crois pas que, comme le vante la société, elle puisse se substituer aux (futures) solutions de paiement sans contact NFC. Et, avec 40000 utilisateurs (selon TechCrunch), l'avenir de Dwolla dans un marché déjà saturé me semble plutôt mal assuré...


Fifth Third Bank
Loin du mobile, la palme de l'idée la plus saugrenue (à mon avis) reviendra ce soir à Fifth Third Bank et sa carte DUO. Quand Citi expérimentait l'an dernier une carte à deux comptes sélectionnables par un bouton, celle-ci offre le choix entre carte de débit et carte de crédit en fonction du mode de validation de la transaction, par code PIN (débit) ou par signature (crédit).

Voilà de quoi engendrer la confusion chez les consommateurs et les commerçants ! Alors que l'utilisation d'un code PIN est généralement recommandée pour une meilleure sécurité, Fifth Third considère qu'elle n'est pas nécessaire pour une carte de crédit...

La carte multi-usages a peut-être un avenir prometteur, avant que le mobile ne la renvoie dans les musées, mais j'ose espérer qu'il existe des solutions plus "élégantes" pour son implémentation...

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