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C'est pas mon idée !

mardi 25 septembre 2018

Quel avenir pour le crédit P2P ?

Upgrade
Quand Renaud Laplanche – co-fondateur et dirigeant de LendingClub pendant 10 ans, jusqu'à son départ plus ou moins forcé – a créé Upgrade, il donnait l'impression de redémarrer avec le même modèle. Un article de TechCrunch revient cependant sur les quelques différences qui soulignent l'évolution du crowdlending en une décennie.

En dehors de quelques détails pratiques (sur les conditions des prêts accordés, par exemple) et sur les modalités de mise en œuvre (avec, notamment, l'approche par ligne de crédit récemment introduite par Upgrade), les deux jeunes pousses avancent des promesses similaires : la possibilité pour les consommateurs d'emprunter entre 1 000 et 50 000 dollars sur 3 à 5 ans, à un taux compétitif, avec un processus de souscription entièrement en ligne et une mise à disposition des fonds en une journée…

Mais là où, à l'origine, LendingClub pariait sur la mise en relation des emprunteurs avec des particuliers prêts à investir dans ces crédits afin de bénéficier de rendements plus intéressants sur leur épargne, Upgrade a totalement abandonné ce principe et s'appuie exclusivement sur des acteurs institutionnels pour financer ses opérations. Ce reniement de la logique « P2P » (« de pair à pair ») initiale est un aboutissement logique de l'apprentissage des aléas intrinsèques au recours direct à l'argent du grand public.

En réalité, LendingClub a déjà largement adapté son modèle, puisque seuls 30% de ses financements proviendraient aujourd'hui de participants individuels. Mais, en se transformant de la sorte en « simples » fournisseurs de crédit en ligne dont la seule différenciation concurrentielle réside dans leur capacité à capitaliser sur la technologie pour réduire leurs charges et proposer des taux avantageux, ces startups se placent dans une position fragile, car les banques peuvent « facilement » répliquer leur formule.

Accueil Upgrade

Ces derniers temps, on voit ainsi apparaître des offres de crédit, accessibles en ligne, instantanément, dans les établissements traditionnels. Or, parce qu'elles émanent de partenaires financiers avec lesquels les consommateurs sont déjà en étroite relation, elles ont automatiquement une visibilité supérieure à celles des nouveaux entrants. Ces derniers dépensent alors des sommes considérables en conquête et acquisition de clients, qui non seulement impactent les coûts des crédits (et limitent leur attractivité) mais, en outre, n'ont pas d'effet récurrent sur des opérations à faible fréquence.

C'est donc dans ce registre que Upgrade tente aussi d'apporter une réponse spécifique, en renouvelant une autre promesse originelle de la finance participative et en recherchant la « zone » d'activité dans laquelle les banques traditionnelles ne peuvent la suivre. En l'occurrence, il s'agit, d'une certaine manière, d'accompagner et fidéliser les exclus, c'est-à-dire les quelques 85 à 90% d'utilisateurs de la plate-forme dont la demande de crédit est rejetée : ils sont renvoyés à l'outil « Credit Health », de manière à améliorer leur score d'emprunteur, après quoi il seront invités à renouveler leur sollicitation.

Le crédit P2P a-t-il encore un avenir ? En tous cas, Renaud Laplanche, dont la connaissance et la compréhension de ce marché ne peuvent être mises en doute, semble ne plus y croire. Et il faut bien avouer que les idéaux des débuts ont du mal à survivre aux contraintes du quotidien. Alors, il subsistera certainement une niche pour quelques plates-formes puristes (qui risquent d'être marginalisées), mais, pour les autres, il faudra faire évoluer en profondeur les modèles afin de créer des solutions viables à long terme.

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