C'est pas mon idée !

jeudi 26 juillet 2018

Abolissons le découvert bancaire !

Cochon tirelire
Une étude récente de Panorabanques révèle que près d'un quart des français dépassent leur découvert bancaire autorisé au moins une fois par mois (et 60% une fois par an). À l'ère du paiement instantané et des notifications de dépenses en temps réel, ces statistiques révèlent une anomalie héritée du passé qu'il serait bon de ranger au musée.

Autrefois, quand les seuls moyens de paiement offerts aux particuliers étaient le virement et le chèque, avec une réconciliation des comptes différée de plusieurs jours, les banques n'avaient pas d'autre choix que de s'accommoder des découverts de leurs clients. Leur seul recours était de mettre en œuvre tous les outils imaginables afin de décourager ces incidents, depuis l'instauration de frais exorbitants jusqu'aux menaces de prise de mesures drastiques, telles que l'interdiction bancaire pure et simple.

Ces armes de dissuasion sont aujourd'hui toujours en vigueur, alors que le contexte a bien changé. En particulier, la carte est devenue le moyen de paiement privilégié pour toutes les dépenses du quotidien, les prélèvements automatiques sont monnaie courante et les transferts instantanés sont (enfin) en cours de déploiement un peu partout. Or ces solutions permettent presque universellement de suivre la situation des comptes au fil des transactions (sans même évoquer les possibilités de prédiction).

Dans ces conditions, et même s'il ne peut être (immédiatement) question de supprimer purement et simplement le concept du découvert (ne serait-ce que parce que le chèque n'est pas encore mort), une approche plus moderne est non seulement envisageable mais semble même essentielle. En effet, est-il réellement acceptable que le rôle dissuasif des frais de découvert se soit progressivement transformé en une source « normale » de revenus pour des banques qui profitent de l'insouciance de leurs clients ?

En premier lieu, il est dorénavant facile de concevoir des systèmes d'alerte qui redonnent au consommateur le contrôle de ses finances personnelles et lui éviteront, notamment, de passer dans le rouge simplement parce qu'il n'a pas fait attention à son solde de compte et a négligé de prévoir à temps un virement depuis un livret d'épargne. En prolongeant le raisonnement, il devrait même être donné au client le choix de bloquer automatiquement ses achat lors du franchissement d'un seuil qu'il fixerait.

D'autre part, ceux qui sont vraiment en position précaire ne devraient plus être livrés à eux-mêmes, jusqu'à les entraîner parfois dans une spirale menant à la faillite personnelle. Là encore, il existe maintenant d'autres manières de gérer le risque. Comment se fait-il, déjà, que, dans un monde de transparence universelle, une information claire et précise (incluant tous les coûts associés) ne soit pas transmise dès que le compte est à découvert ? Et pourquoi une alternative plus raisonnable (crédit à la consommation…) n'est-elle pas immédiatement proposée (avec souscription en 2 clics) ? Etc.

Naturellement, il paraîtra extrêmement naïf de demander ainsi aux banques de sacrifier une source de revenus conséquente. Pourtant, elles devraient rapidement admettre que, à travers leurs pratiques, elles ont totalement perdu de vue leur objectif initial et, du même coup, l'intérêt suprême du client. Il leur faudra alors y mettre un terme car ce type de défaut constitue une porte d'entrée idéale pour les acteurs émergents. Et, après tout, l'idée n'est pas si utopique qu'elle en a l'air puisque HSBC a commencé à l'appliquer

Panique
Illustration par Dmitry Abramov

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