C'est pas mon idée !

mardi 3 avril 2018

Sberbank se voit en fournisseur de cloud

Sberbank
La russe Sberbank prend-elle trop au pied de la lettre l'idée que la banque doit devenir une entreprise technologique ? Avec l'annonce du lancement à venir de SberCloud – une infrastructure de « cloud computing » qu'elle projette de commercialiser auprès de ses clients professionnels (de la PME au grand groupe) –, la question se pose…

Conçue et développée en collaboration avec un intégrateur local (I-Teco), la plate-forme SberCloud se positionne en concurrente directe des leaders tels que Microsoft Azure, Amazon Web Services (AWS)… ou leurs équivalents russes. Mieux encore, elle devrait évoluer (à quelle échéance ?) vers un modèle de place de marché, dans lequel la banque deviendrait un intermédiaire de confiance pour l'accès des entreprises à diverses solutions de « cloud computing » (dont la sienne, mais sans exclusivité).

Officiellement, l'objectif de Sberbank est de prendre pied sur un marché colossal, qui devrait croître de manière exponentielle dans les années qui viennent. Sans qu'elle le précise, on peut imaginer que parmi les arguments qu'elle brandira pour asseoir sa légitimité figurent probablement sa culture de la sécurité et son expérience en matière d'informatique. Sur ce dernier plan, elle peut même vanter sa maîtrise de la mise en œuvre et de l'industrialisation de sa propre plate-forme de « cloud » (privé).

D'un point de vue marketing, la banque compte ensuite sur son accès à sa vaste clientèle d'entreprises, dont beaucoup sont susceptibles de profiter des avantages d'une infrastructure disponible à la demande, facturée à l'usage, ne nécessitant aucun investissement. Et pour les convaincre, elle jouera sur la confiance dont elle jouit, au moins en ce qui concerne sa robustesse et sa pérennité.

Pour Sberbank, outre l'opportunité de développer une nouvelle activité, la démarche peut aussi représenter un moyen complémentaire de rationaliser l'usage de son socle technique. En effet, en devenant un fournisseur générique de « cloud » dont elle serait elle-même cliente, elle peut espérer rentabiliser les capacités qu'elle n'utilise pas à 100% (celles qui lui sont nécessaires pour absorber des pics de charge, par exemple).

Si les prétentions d'une banque dans un domaine purement informatique (d'infrastructure, qui plus est) sont surprenantes, elles ne ne sont pas plus aberrantes que celles qui ont abouti au succès d'Amazon. Il est vrai que, aujourd'hui, il n'est plus question de créer un marché à partir de rien et le plus grand défi sera, pour Sberbank, de délivrer une offre compétitive. Si elle y parvient, elle aura réalisé une étonnante (et potentiellement profitable)  démonstration de sa maturité sur la voie de sa transformation technologique.

Communiqué de presse Sberbank

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