C'est pas mon idée !

vendredi 14 avril 2017

Android Pay est l'ami des banques

Android Pay
Sans abandonner son propre porte-monnaie virtuel, Google propose dorénavant aux banques d'intégrer Android Pay au sein de leurs applications mobiles. Voilà encore un coup magistral dans l'âpre bataille que se livrent tous les acteurs du m-paiement pour la conquête de la suprématie dans le cœur (et les habitudes) des consommateurs.

Elles sont pour l'instant 5 institutions financières dans le monde à avoir implémenté la nouvelle possibilité – Bank of America, USAA et Discover aux États-Unis, mBank en Pologne et BNZ en Nouvelle-Zélande – mais Google prévient que d'autres suivront prochainement. Pour elles, il n'est plus nécessaire d'installer Android Pay sur son smartphone afin de profiter du paiement sans contact, puisque la fonction est maintenant présente (avec toutes ses options) dans leurs applications mobiles bancaires respectives.

La première vertu de cette intégration est de rassurer le client. Procéder à l'activation d'Android Pay et sélectionner la carte sur laquelle les achats seront imputés dans un outil fourni par la banque est beaucoup moins inquiétant, en tous cas pour une partie des consommateurs, que de manipuler des informations sensibles dans un environnement aux couleurs de Google. La capitalisation sur la confiance naturelle envers la sécurité des institutions financières peut constituer un facteur de stimulation de l'adhésion.

Android Pay

Le deuxième mérite de l'approche résonnera plus particulièrement aux oreilles des banques. En effet, celles-ci se voient offrir une opportunité de conserver – voire renforcer – les contacts avec leurs clients, alors que tous les porte-monnaie virtuels du marché tendent plutôt à les faire disparaître. Le recours à leur application mobile pour gérer les paramètres de paiement leur permet de contrôler le périmètre d'utilisation d'Android Pay (évitant, par exemple, l'exposition à des marques concurrentes), tout en leur procurant quelques occasions supplémentaires d'interaction.

Dans ce registre, le contraste avec Apple Pay et sa vision totalement fermée est particulièrement flagrant. Il est difficile de ne pas croire que Google s'inscrit de la sorte dans une véritable démarche de séduction, destinée à conquérir toujours plus de partenaires. Avec l'incitation à l’enrôlement des consommateurs via leur banque, ce sont ainsi deux paramètres importants de l'équation du paiement via mobile qui sont adressés. Malheureusement, il subsiste le plus problématique : l'usage dans la vie quotidienne…

9 commentaires:

  1. Il sera toujours plus simple de régler un achat en utilisant directement sa carte, même si celle-ci est enfouie au fond d'un sac à main (propos éminemment sexiste dont je m'excuse !).
    Certes la carte de paiement est dématérialisée sur le mobile, mais c'est bien toute la cinématique de la monétique qui est mise en oeuvre à chaque règlement via le faux "Mobile Payment" ; c'est-à-dire : émission du flux financier par le commerçant vers sa banque, routage de celle-ci vers la banque du débiteur, et, débit au compte du porteur... en parallèle, la banque du commerçant verse toujours la Commission interbancaire de paiement (CIP) à sa consoeur, et, la refacture au commerçant, qui lui-même l'intègre dans son prix de revient, pour au final qu'elle soit réglée par l'acheteur. Quels sont les bénéfices d'une telle dématérialisation pour le "Mobile Payer" ? AUCUN, il continue à payer l'accès à un moyen de paiement dont chaque utilisation lui demande des frais supplémentaires. Les seules bénéficiaires sont les banques des porteurs, et, les réseaux VISA et Mastercard.
    C'est en cela que l'Instant Payment est un paiement de disruption puisque le flux financier est émis par le débiteur, et, d'un seul coup, la CIP n'a plus aucune raison d'être... d'où une perte sèche et globale pour nos chères (expensives in english) banques

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  2. Bonjour, si je suis votre raisonnement, cela n'est pas plus simple de payer par carte, mais plutôt de complexité équivalente, puisque la digitalisation de la carte pour payer sur mobile utilise les mêmes applications bancaires, et le même circuit. Cela est également aussi "cher". Pour autant, cela est vrai si on se penche du point de vue de la solution technologique. Si on se met du côté de l'usage du client final, il y a une réelle simplicité/rapidité/facilité d'usage supplémentaire. Et c'est ce qu'attend le client je pense. Peu lui importe la technologie et le chemin "Back-office" dont il ne voit pas la complexité (tant que ce n'est pas plus cher). Je vous rejoins cependant sur la révolution technologique (et aussi d'usage d'ailleurs) que va apporter l'instant payment ! Vivement son arrivée en France !

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  3. Alan, je suis d'accord avec vous sur la quasi-totalité de votre exposé, à l'exception de la supposée "réelle simplicité/rapidité/facilité d'usage supplémentaire" y compris pour les paiements sans contact, la carte reste le moyen de paiement le plus simple, le plus rapide et le plus facile d'usage. L'hypothétique "usage supplémentaire" du paiement carte émulé à partir d'un smartphone n'est qu'une façade. Et c'est bien là, l'un des problèmes concrets entre la volonté d'image, de vitrine, du paraître "IN", "Djeuns", "innovant", ... tout en utilisant une arrière boutique, encore éclairée à la chandelle

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  4. Il y a un bénéfice d'usage à payer directement avec son mobile plutôt qu'avec sa carte mais le problème c'est qu'il n'y a pas de "pain point" sur le paiement carte et qu'il y a une marche à adopter de nouveaux usages - voir les problèmes rencontrés par les américains pour passer en ce moment de la piste magnétique à la puce.
    L'adoption sera donc progressive et la valeur ajoutée n'est pas dans le paiement mais dans les services liées aux paiements - pour lesquels il y a des "pain points" et aucune réponse des cartes physiques.

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  5. La carte bancaire étant déjà un moyen de paiement pratique et éprouvé; il est nécessaire que les opérateurs de services de paiement mobile puisse enrôler les clients avec de la valeur ajoutée et des leviers d'adoption liés à la chaîne de paiement (m-couponing, fidélité, don solidaire, gifting social, etc). Les usages se créeront alors d'eux-mêmes... preuve en est avec Starbucks. Concernant l'approche d'Android Pay effectivement c'est une idée magistrale, d'autant plus que c'est l’expérience client qui prime réellement pour le coup.

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  6. Starbucks n'est pas à proprement parler un exemple de réussite dans la dématérialisation d'une carte de paiement sous son application Mobile MyCard : il est impossible de recharger sa MyCard en France à partir d'une carte dont le BIN est hors France. J'ai soumis la problématique au Service Client de Starbucks, à savoir : j'ai pu recharger ma MyCard américaine dans un Starbucks dublinois à partir de ma carte de paiement allemande via mon smartphone sud-coréen... de retour en France, il m'est impossible d'opérer le même chargement. Pourquoi ? J'attends toujours la réponse de Starbucks... d'autres enseignes françaises, par exemple les cinémas, sont dans la même problématique

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  7. Dans la liste des sociétés françaises In ou Djeuns dont les applications mobiles n'acceptent pas des cartes de paiement hors de France, j'ai oublié Orange Cash.
    Oubli réparé

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  8. Utilisant personnellement un BIN de carte française dans mon app, vous m'apprenez donc cette problématique. Néanmoins, que 27% de leurs transactions soient effectuées via mobile démontre que l'intégration de l'engagement et de la fidélité dans les processus mobiles de transactions ou de commande est une réussite.

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  9. Entendons-nous bien : je ne remets pas en cause l'opérabilité des services associés à la MyCard et comme vous je suis convaincu de leur utilité dans l'enrôlement et la fidélisation via les transactions mobiles.
    Ce que je regrette est leur "ségrégation" aux BIN français... mais ce n'est pas la seule entreprise ayant une activité en France à commettre une telle ineptie : prenez les opérateurs de téléphonie française. Suivez l'exemple : un étudiant espagnol qui vient en France, pour souscrire à une offre de téléphonie française doit d'abord ouvrir un compte dans une banque française ; un étudiant français étudiant à Barcelone souscrit à une offre de téléphonie espagnole et donne son IBAN français. Tout cela pourquoi : parce que les opérateurs de téléphonie français ont étendu la couverture de la directive européenne de non concurrence de leurs offres en dehors de leurs frontières nationales aux paiements admissibles dans leur organisation ! Stupide, me direz-vous ? et pourtant tel est bien le cas !

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