C'est pas mon idée !

samedi 4 février 2017

WeSwap, une carte pour le change P2P

WeSwap
Les progrès technologiques et la mondialisation galopante ont beau faciliter et démocratiser les voyages d'un bout à l'autre du monde, le moment où il faut convertir de l'argent en une devise étrangère reste une source de frustrations pour tous les touristes et autres professionnels itinérants. WeSwap propose une solution simple et économique…

Certes, les options ne manquent pas. La plus traditionnelle est le bureau de change, qui ne fournira malheureusement que des espèces, à un prix généralement prohibitif. La plus simple consiste à utiliser sa carte de paiement habituelle – pour régler ses achats ou effectuer un retrait sur un distributeur – et laisser sa banque réaliser la transaction de change, mais il faudra alors se satisfaire, dans la plupart des cas, d'une opacité totale sur les coûts réels de l'opération, notamment sur le taux appliqué.

Face à un marché sans transparence, des trublions ont évidemment commencé à imaginer des alternatives. Le principe des échanges P2P (de « pair à pair »), en particulier, semble une piste d'optimisation intéressante : popularisé par TransferWise pour les transferts internationaux, il a déjà été expérimenté pour le change de devises avec, par exemple, Weeleo (aujourd'hui fermé), qui opérait cependant toujours sur des espèces. Dans un registre différent, un acteur comme Revolut propose une carte multi-devises 100% gratuite mais dont le modèle économique paraît incertain.

WeSwap a choisi un dispositif mixte cumulant les avantages respectifs de ces deux approches. Ainsi, une fois son inscription finalisée, le nouveau client reçoit gratuitement un carte Mastercard prépayée, supportant 18 devises et permettant à la fois de payer en boutique et de retirer des espèces sur GAB, le tout sans frais (sauf pour les retraits de petits montants). Bien sûr, avant de pouvoir l'utiliser dans un pays étranger, il faudra la charger et c'est à ce stade que la startup adopte une méthode originale.

Accueil WeSwap

Tout d'abord, le porteur alimente son compte par virement ou à partir d'une carte conventionnelle, dans la devise de son choix. Puis, grâce à l'application (mobile et web) fournie par WeSwap, il va pouvoir demander la conversion d'une partie de son solde en une autre devise, au cours du marché, en indiquant son urgence. Pour un besoin immédiat, la transaction est réalisée en quelques secondes par les circuits bancaires habituels, moyennant une commission de 2,3% (1,4% en période promotionnelle).

En revanche, si le client est disposé à patienter un peu (s'il prépare son déplacement à l'avance), la jeune pousse va tenter d'effectuer le « Swap » (l'échange, dans son jargon) directement entre ses utilisateurs, en rapprochant des demandes de conversion complémentaires. Dans ce cas, les commissions facturées sont dégressives : 2% pour 3 jours d'attente, 1,8% pour 7 jours (les échéances étant garanties : si un échange P2P n'a pas été possible, il est réalisé sur les marchés, au même prix).

Basée à Londres, WeSwap débarque ces jours-ci en France, pour un déploiement complet prévu au mois d'avril, et a des velléités d'expansion globale. Les premiers adeptes de ce côté de la Manche auront l'avantage de démarrer immédiatement l'expérience aux côtés d'une communauté active de plus de 200 000 utilisateurs (britanniques, essentiellement), susceptible d'accélérer leurs « Swaps » à coût réduit.

Sans surprise face aux pratiques obscures des institutions financières, les solutions innovantes de gestion du change se multiplient. Comme le montre, dans un domaine proche, le succès (apparent) de TransferWise, si leur avantage économique peut sembler faible par rapport aux montants engagés, elles répondent à l'exaspération des consommateurs vis-à-vis du manque de transparence des acteurs historiques et, en cela, elles constituent pour ces derniers une menace plus profonde qu'il n'y paraît.

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