C'est pas mon idée !

lundi 1 février 2016

La FinTech peut aussi être éthique

LendUp
L'histoire de LendUp et de son approche éthique du crédit peut aisément résonner comme une rengaine, mais quand la startup annonce un tour d'investissement de 50 millions de dollars, de la part de quelques grands noms, force est de s'arrêter à nouveau sur les recettes qui font réellement bouger les lignes dans le secteur financier.

À l'origine, les fondateurs de LendUp ont voulu s'attaquer aux requins de l'avance sur salaire, un marché florissant aux États-Unis. Pour ce faire, leur méthode est relativement classique, pour une entreprise de sa catégorie. Dans un premier temps, des algorithmes intelligents analysent les données disponibles sur les clients (dont leurs transactions bancaires) afin d'évaluer leur niveau de risque, en l'absence de score de crédit « officiel ». Par la suite, leur comportement leur permet de gravir l'échelle de la confiance.

Grâce à sa technologie, la jeune pousse peut limiter ses coûts – autant par l'automatisation de ses opérations que par la réduction des défauts de remboursement – et, ainsi, proposer aux consommateurs des conditions extrêmement avantageuses, avec une transparence inégalée, en comparaison des acteurs traditionnels qui ne cherchent pas à connaître leurs clients et se contentent d'appliquer à tous les mêmes taux usuraires. Forte de son succès dans ce domaine, Lendup veut maintenant décliner le concept sur les cartes de crédit, avec le lancement d'un nouveau produit, la « L Card ».

Le contexte est en effet très similaire à celui de l'avance sur salaire, avec une pléthore de solutions qui poussent les porteurs à dépenser sans compter et à retarder leurs paiements, de manière à accumuler les intérêts facturés. Mais il comporte aussi un obstacle supplémentaire : les cartes de crédit ne sont généralement accessibles qu'aux personnes dont le score est suffisamment élevé. Or, notre startup veut adresser les deux problèmes de front, dans une logique d'accompagnement vers l'inclusion financière.

LendUp en vedette à Times Square

D'un côté, il s'agit donc de prolonger son offre initiale, avec un produit moins coûteux, en déployant toujours simplicité et lisibilité dans les frais imputés, complétées d'une visibilité immédiate sur les achats effectués et leur impact sur le budget de l'utilisateur (ainsi que des options de contrôle avancées sur le fonctionnement de la carte). De l'autre, l'accès à un tel instrument représente également un facteur crucial de constitution d'un historique financier, qui permet, à son tour, de faire progresser le score de crédit.

Une majorité d'entreprises de la FinTech – dans une multitude de domaines – vantent les bénéfices de la technologie pour améliorer l'efficacité des solutions existantes et, de la sorte, « casser les prix » pratiqués par les institutions financières. Ces dernières ont déjà du mal à se défendre de cette concurrence, parce qu'elles sont handicapées par leurs structures lourdes (pas seulement informatiques) voire, pour certaines activités, parce qu'elles se sont habituées au confort d'une rente de situation…

Mais quand arrive un trublion qui profite de son modèle économique performant pour développer une offre sincèrement éthique, la menace s'appesantit encore. Dans ce cas, à la bataille sur les coûts s'ajoute alors une pression sur la transparence et les valeurs fondamentales défendues, à laquelle les établissements traditionnels sont bien mal armés pour répondre. Le retrait progressif d'American Express de ses aventures en direction des populations sous-bancarisées en apporte une preuve éclatante…

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