C'est pas mon idée !

samedi 28 novembre 2015

Quand une Banque Populaire crée une startup

Kocoriko
Quand la Banque Populaire des Alpes lance [PDF] un site de financement participatif régional, l'initiative – aussi intéressante soit-elle – n'est plus très originale (elle rappelle, par exemple, le cas de Kengo, en Bretagne, soutenu par le Crédit Mutuel Arkéa). En revanche, la genèse du projet peut constituer une source d'inspiration…

En tant que telle, la plate-forme Kocoriko adopte en effet une approche résolument classique. Basée sur un modèle de dons avec contrepartie (en cas de succès, les contributeurs reçoivent un cadeau ou pré-acquièrent un produit futur), elle a vocation à accueillir toutes sortes de projets, commerciaux, associatifs, créatifs…., à la seule condition qu'ils soient ancrés dans le territoire alpin. Les campagnes axées sur des problématiques d'intérêt général bénéficient toutefois d'un traitement particulier, puisque le fonds de dotation de la banque doublera leur collecte (dans la limite de 1 500 euros).

Dans les coulisses, le concept de Kocoriko a pris forme au début de l'année au sein de la Banque Populaire des Alpes, qui souhaitait ainsi capitaliser sur ses valeurs historiques (coopératives et locales) afin de répondre aux besoins d'acteurs en marge des circuits de financement habituels. Mais, plutôt que d'appliquer une démarche conventionnelle pour sa mise en œuvre, l'établissement a préféré solliciter directement ses collaborateurs. Concrètement, à l'issue d'un appel à candidatures ouvert à tous, trois d'entre eux ont finalement été retenus pour se lancer dans l'aventure de la création d'entreprise.

Kocoriko

En réalité, le dispositif est hybride, car la société opérant le site Kocoriko est (semble-t-il) détenue en totalité par la banque et les salariés qui le font vivre sont simplement détachés. La prise de risque pour les personnes concernées est donc réduite. Il s'agit cependant d'un premier pas vers une inflexion de la culture interne, à travers la reconnaissance implicite de la valeur accordée par les dirigeants à l'initiative individuelle. Sans négliger, à une échelle certes encore modeste, l'émulation que pourra provoquer le retour d'expérience des 3 pionniers de l'intrapreneuriat…

Bien plus que la plate-forme de crowdfunding elle-même, la leçon à retenir de l'expérience de la Banque Populaire des Alpes touche à sa propre transformation. Toutes les banques cherchent à promouvoir l'agilité dans leurs organisations, ce qu'illustre notamment l'idée très en vogue actuellement d'un fonctionnement en « mode startup ». Alors, au-delà des discours stériles, quelle meilleure méthode pour atteindre cet objectif que d'incuber des startups internes, en invitant tous les collaborateurs à participer ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Afin de lutter contre le spam, les commentaires ne sont ouverts qu'aux personnes identifiées et sont soumis à modération (je suis sincèrement désolé pour le désagrément causé…)