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vendredi 29 novembre 2013

Unilend reprend le flambeau du « P2P Lending » en France

Unilend
Depuis la fermeture de FriendsClear en juin dernier, la finance participative à la française manquait d'un acteur des prêts-emprunts de « pair à pair » (« P2P Lending » en anglais). Une nouvelle startup, Unilend, se lance pour tenter de combler ce vide, sur un modèle de crédit aux entreprises sans fioritures.

Le principe de la plate-forme est simple : elle vise à mettre en relation des entrepreneurs à la recherche d'un financement avec des particuliers disposant de fonds à placer. Les premiers déposent un dossier de demande, dans lequel ils exposent leur situation et leur projet. Celui-ci fait l'objet d'une étude individuelle afin d'évaluer le risque de défaut. Ensuite seulement, il est présenté aux internautes sur le site web de la jeune pousse.

Les particuliers, qui auront au préalable créé et alimenté un compte auprès d'Unilend, ont alors la possibilité d'apporter leur contribution, en indiquant le montant qu'ils souhaitent prêter (qui est immédiatement bloqué) et le taux d'intérêt applicable (entièrement libre). A l'échéance de la période de souscription, si la cible d'emprunt fixée initialement est atteinte, la proposition finale est soumise au demandeur qui peut l'accepter ou non (en fonction du taux offert).

Prêt-Emprunt P2P

La proposition de valeur de la plate-forme est classique. Pour le grand public, il s'agit de placer son agent sur un instrument totalement transparent offrant un niveau de rémunération attractif, tandis que, du côté des emprunteurs, l'objectif est de leur fournir une solution de financement complémentaire à l'offre traditionnelle des banques, plus souple et plus accessible (mais pas nécessairement moins coûteuse, la startup prélevant 3% du montant emprunté auxquels s'ajoute un intérêt marginal de 1%).

Les fondateurs d'Unilend ne manquent pas d'ambition : ils visent un volume d'un milliard d'euros de financement d'ici 5 ans. Pour son démarrage, 4 projets sont présentés sur le site et les premières « souscriptions » semblent plutôt bien engagées.

Le dispositif montre cependant quelques défauts de jeunesse. Tout d'abord, le risque de défaut des emprunteurs est plutôt mal pris en compte : il est simplement conseillé aux prêteurs de participer à de nombreux projets pour réduire leur exposition mais aucun garde-fou n'est mis en place pour éviter les imprudences. Autre point noir, les taux d'intérêts pratiqués paraissent arbitraires (entre 4 et 10%) et pourraient être mieux guidés, par exemple en fournissant des références de marché.

En conclusion, il est tout de même réjouissant de voir la finance participative retrouver un peu de vigueur en France, alors que la situation reste encore globalement incertaine en attendant les évolutions réglementaires promises par le gouvernement actuel.

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