C'est pas mon idée !

dimanche 3 novembre 2013

Pour une banque en temps réel !

FIS
Dans un monde en accélération permanente, les technologies modernes permettent de tout faire à la vitesse d'internet, en temps réel. Enfin, pas vraiment tout : les échanges d'argent continuent à subir des délais, parfois de plusieurs jours.

Pour les institutions financières ancrées dans leurs habitudes immuables, ce décalage est rarement perçu comme un problème : après tout, il n'est quand même pas bien grave de devoir attendre le lundi pour profiter des fonds qu'un proche a envoyés le vendredi soir, et puis il en a toujours été ainsi… Mais une enquête commanditée par FIS, fournisseur de technologies pour le secteur financier, remet les pendules à l'heure : les consommateurs veulent que leurs transferts soient exécutés en temps réel !

Sans surprise, la demande émane d'abord des jeunes – les plus accoutumés à voir leurs besoins satisfaits immédiatement – mais leurs aînés, en particulier dans les milieux aisés, deviennent également de plus en plus impatients. En termes de typologie, c'est dans le cas des échanges transfrontaliers que l'exigence d'instantanéité est la plus importante : 80% des utilisateurs de ces services souhaiteraient que leurs correspondants puissent profiter tout de suite des fonds qu'ils leur envoient.

Ils sont encore 58% à exprimer la même demande pour les virements entre leurs différents comptes bancaires et 41% pour les paiements de personne à personne (P2P). Comme dans bien d'autres domaines, ces résultats reflètent en réalité une profonde évolution des comportements, qui conduit aussi ces consommateurs à vouloir être en mesure de réaliser toutes ces transactions n'importe où et n'importe quand, depuis leur téléphone mobile, et le plus simplement possible.

Les consommateurs demandent des transferts d'argent en temps réel

Pour la plupart (55%), les personnes interrogées préféreraient que les services en temps réel leur soient proposés par l'établissement qui détient leur compte principal. Mais ils n'hésiteront pas à se tourner vers un autre fournisseur si la banque ne répond pas à leurs attentes. La menace est à prendre au sérieux, car les solutions alternatives commencent à émerger, démontrant au passage que la demande des consommateurs est une réalité, au-delà de l'enquête de FIS.

Ainsi, l'une des raisons du succès de PingIt, le porte-monnaie mobile de Barclays, est bien sa capacité à exécuter les opérations immédiatement, que l'utilisateur soit client ou non de la banque. Aux États-Unis, le temps réel devient maintenant une arme de séduction pour le trublion des paiements Dwolla. Et quand la startup TransferWise, qui cherchait déjà à révolutionner les transferts de devises, décline sa solution au sein d'une application mobile, c'est bien parce que la demande est avérée…

Étonnamment, un autre sondage (relativement informel), mené lors du Sibos de septembre dernier par ACI Worldwide (un autre fournisseur de technologies pour la finance) auprès de 200 professionnels du secteur, révèle que plus de 4 sur 5 estiment que les paiements en temps réel seront devenus une réalité universelle d'ici 5 ans. Une sorte de confirmation qui ne doit cependant pas masquer la difficulté que représente cette perspective, notamment au niveau des systèmes d'information.

En tout état de cause, qu'elles la considèrent normale ou irrationnelle, les banques se verront contraintes à court terme de prendre en compte l'exigence de temps réel exprimée par leurs clients, au moins pour rester compétitives. Et, un changement en entraînant un autre, ce ne sont pas seulement les paiements qui seront concernés : tous les services financiers devront évoluer dans ce sens, par exemple pour l'ouverture de compte et la souscription de produits, comme le propose CommBank, en Australie.

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