C'est pas mon idée !

lundi 9 septembre 2013

L'assurance s'emballe pour la télématique

UBI
L'assurance automobile basée sur l'usage (UBI) n'a pas encore émergé en France que, déjà, les compagnies (surtout) américaines passent à une deuxième génération de technologies, entraînant avec elle une vague de nouvelles idées d'applications pour la "télématique" (terme a comprendre ici au sens de la traduction de l'anglais "telematics").

Depuis les premières expérimentations, la plupart des implémentations d'"UBI" à ce jour ont recours à un accessoire dédié, que l'automobiliste doit connecter sur un port standard de son véhicule pour qu'il remplisse son office : collecter les données sur sa conduite et en déduire une éventuelle réduction de prime. Au moins deux inconvénients limitent l'intérêt de cette approche : les coûts matériels finissent par être significatifs pour la compagnie et les assurés sont réticents à l'installation du dispositif.

Pour résoudre ces difficultés, quelques compagnies (comme Aviva au Royaume-Uni) ont choisi de s'affranchir entièrement du capteur additionnel en intégrant ses fonctions au sein d'une banale application mobile. Cette transposition n'est pas sans difficultés car le smartphone accompagne son propriétaire dans tous ses déplacements et pas uniquement lorsqu'il est au volant. Les algorithmes doivent donc évoluer et devenir plus "intelligents", mais il ne semble pas que cela constitue un obstacle insurmontable.

A la réflexion, la transition vers le téléphone mobile est désormais perçue comme une solution d'avenir incontournable, et ce, pour d'autres raisons. Car si l'UBI est aujourd'hui vantée auprès des consommateurs comme un moyen de réduire leurs coûts, les compagnies pionnières sont conscientes que l'avantage concurrentiel que leur procure ce message ne durera que jusqu'à ce que le modèle soit généralisé. L'étape d'après consistera à exploiter les capteurs de "comportement" pour délivrer de nouveaux services à valeur ajoutée, auxquels le mobile se prête parfaitement.

Réduction de la consommation de carburant, assistance automatique, détection des accidents… les initiatives en ce sens commencent déjà à émerger (dans un sens, c'est même par ce biais que les compagnies françaises attaquent le sujet, comme le démontre MAAF avec son application "Ecorouler" [lien iTunes]). Ces options supplémentaires seront d'ailleurs autant des moyens de différencier les offres que des arguments susceptibles de convaincre les automobilistes d'adopter ces outils, la cible étant, dans tous les cas, d'améliorer les comportements et, donc, de réduire les risques.

Les opportunités sont telles que les appétits s'aiguisent rapidement. Par exemple, l'opérateur téléphonique américain Sprint cherche a profiter de la vogue actuelle, en multipliant les partenariats pour tenter de construire une offre complète. Celle-ci s'étend des plus petits détails – dont le verrouillage de certaines fonction des téléphones au volant (SMS et autres) – jusqu'à des solutions intégrant, entre autres, la surveillance de la santé du véhicule et des services d'assistance, avec une touche de connexion aux réseaux sociaux pour attirer les jeunes…

Des visions plus futuristes commencent également à émerger. C'est le cas, notamment, du prototype de montre connectée que vient de présenter Nissan. Capable à la fois de surveiller l'état du véhicule mais aussi la santé du conducteur (capture du rythme cardiaque et, à terme, électrocardiogramme, électroencéphalogramme…), le déploiement est initialement envisagé pour une gamme sportive du constructeur mais il pourrait bien arriver un jour pour l'automobiliste lambda (si la voiture autonome ne prend pas le pouvoir avant, toutefois).

Smartwatch de Nissan

Dans un autre registre, deux développeurs ont imaginé et conçu, à l'occasion du hackathon préliminaire à la conférence Disrupt de TechCrunch, une application dont l'objectif est de capturer une séquence vidéo, soit à la demande du conducteur, soit en cas d'événement spécifique (par exemple le déclenchement d'ouverture des airbags). Cette idée exploite simplement les caméras embarquées dans un nouveau modèle de Chevrolet, avec les APIs (interfaces de programmation) fournies par le constructeur : ces capacités, encore rares, vont certainement se répandre à court ou moyen terme.

Ces exemples devraient inspirer les compagnies (surtout françaises) qui hésitent à adopter un modèle de prix modulé selon le comportement. Il ne s'agit (évidemment) pas du seul cas d'utilisation possible de la "télématique". En particulier, sans même aborder les bénéfices pour la prévention des risques, les mises en œuvre sur smartphone représentent pour elles une occasion incomparable de – finalement  ! – renforcer leur présence sur les mobiles de leurs clients, tout en maîtrisant leurs coûts d'implémentation.

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