C'est pas mon idée !

jeudi 14 mars 2013

Big data, de l'expérimentation à la stratégie

Gartner
S'il faut en croire les analystes de Gartner, la phase purement expérimentale du mouvement "big data" serait en voie d'achèvement et une large proportion d'entreprises – 42% – aurait déjà investi substantiellement dans ces technologies ou s'apprêterait à le faire en 2013. La prédiction émise à la fin de l'année dernière se réaliserait donc, alors même que le buzz (avec les fausses promesses qui l'accompagnent inévitablement) n'est pas encore éteint.

Il semblerait ainsi que les préoccupations des décideurs aient maintenant basculé de la compréhension du concept vers l'identification des stratégies pertinentes et des compétences nécessaires, en vue de déterminer (et atteindre) les possibles retours sur investissement. Cependant, les grandes organisations n'en sont, pour l'instant, qu'au tout début de leurs ambitions et rares sont celles qui ont, à ce stade, abordé le sujet à l'échelle de l'entreprise et entièrement appréhendé l'ampleur des transformations qui en découleront.

Deux motivations principales sont à l'origine de l'adoption rapide observée actuellement. D'une part, les expériences décrites dans la presse, spécialisée ou non, présentent des cas d'usage extrêmement séduisants, qui laissent facilement croire à ceux qui n'ont pas lancé d'initiative qu'ils sont déjà en retard sur leurs concurrents (alors qu'en réalité, le potentiel n'a été qu'à peine effleuré jusqu'à maintenant). En parallèle, la réalité (économique) se fait tout aussi pressante, notamment lorsque des opportunités métier se révèlent impossibles à réaliser avec les technologies traditionnelles de gestion de l'information.

Les choix de solutions et d'implémentation ne s'avèrent pour autant pas toujours faciles, ne serait-ce qu'en raison de la confusion qu'entretiennent les excès médiatiques autour des "big data". Néanmoins, des entreprises, dans tous les secteurs, se préparent dès aujourd'hui aux innovations de demain, par exemple en collectant et stockant, "préventivement", des données issues de leurs systèmes opérationnels, de diverses sources publiques, des médias sociaux, mais également les e-mails et autres contenus "diffus" produits en interne...

Plus que par la vitesse de traitement et l'accès à des volumes colossaux de données, c'est en effet la capacité à intégrer une large variété d'informations et à analyser la masse combinée résultante qui caractérisera la valeur réelle des "big data", déterminante pour l'identification de tendances cachées, l'optimisation des processus, la prise de décision... D'ici 2015, toujours selon Gartner, 20% des 1000 plus grandes entreprises mondiales auront positionné la gestion de l'information au cœur de leur stratégie pour affronter tous ces défis.

Le phénomène "big data" représente un cas assez particulier parmi les technologies émergentes, par le fait que très peu de doute subsiste sur sa capacité à transformer profondément des pans entiers de l'activité des entreprises. Néanmoins, il n'échappera certainement pas à la vague de désillusions qui suit toujours les excès d'optimisme. Simplement, dans ce ce cas, les déceptions seront vraisemblablement dues avant tout aux difficultés de mise en œuvre, plus qu'aux promesses fondamentales du concept...

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